L'ELITE AMAZIGH
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Médecine et chirurgie Amazigh

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chamachama




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Messages : 342

MessageSujet: Médecine et chirurgie Amazigh   Lun 7 Juil - 12:12

Le texte qui suit est tiré du livre “la ville de sel” de Carl et Petit, publié par
Julliard en 1954. Il s'agit d'une trépanation qui se passe au Borkou,
au nord du Tchad. Tous les détails techniques y sont authentiques
affirment les auteurs. Au Sahara plus qu'ailleurs peut-être “le vrai peut
quelquefois n'être pas vraisemblable.


Un secret transmis de génération en génération ayant ses
origines en pleine préhistoire


“Le vieil Ounia, nommé Eguédé, qui souffrait de violents maux de
tête depuis quelques mois, alla trouver Bahad. Il avait reçu dans sa
jeunesse un coup de sabre qui lui avait entamé la boîte crânienne.
Après avoir longuement examiné et palpé la tête du malade, Bahad déclara :

- L'os n'est pas bon, il faut l'arracher … C'était la trépanation.

Le vieux hésita, puis accepta enfin de se soumettre à la redoutable
opération.

Pour le célèbre guérisseur, cette intervention devait être la dernière d'une
longue carrière. Il fit demande à Guiane, de venir l'assister.A l'aube du
jour convenu, Guiane arriva à la case d'Eguedé. Deux forgerons étaient
déjà là et ils commençaient d'installer leurs soufflets en peau de chèvre
près d'un petit brasier.Eguédé était couché sur une natte, à l'intérieur
de la case. Le faki Brahammi se tenait accroupi près de lui et murmurait
des prières.


Bahad arriva à son tour. Il alla s'installer près du patient et lui parla
quelque temps à voix basse. Eguédé lui demanda comme une faveur
de ne pas être maintenu durant l'opération.Alors Bahad commença son
office.Sur son ordre, Eguédé s'était allongé sur le ventre, la tête
appuyée sur le coude droit.


Bahad sortit de son sac quelques nervures de palmier-doum,
une douzaine d'épines de thala et quatre burins qu'il aligna près
de lui sur la natte.
Dehors les gens se turent soudainement.
Guiane écrasait dans un mortier un mélange de garat (plante qui
combat l'infection et cicatrise les plaies) et d'écorce d'édri
(qui arrête les hémorragies).


Bahad saisit un burin dans sa longue main desséchée et, après avoir
palpé pendant quelques secondes le crâne du patient, il prononça le
Bismillah et trancha hardiment le cuir chevelu, en croix, sur l'emplacement
à opérer. Le sang jaillit aussitôt, en flot épais. Sans s'en inquiéter, le
guérisseur posa la pointe de son instrument au centre de la croix et
se mit à décoller les quatre volets de peau, comme on écorce un
fruit. L'hémorragie se fit plus abondante. Alors, Bahad fit un signe
à Guiane ; celui-ci lui présenta le mélange de graines et d'écorces
qu'il venait de broyer. Le vieux l'étendit aussitôt sur la plaie à vif
et rapidement l'hémorragie diminua d'intensité.

http://arts-amazigh.discutforum.com


Dernière édition par chamachama le Lun 7 Juil - 12:22, édité 1 fois
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chamachama




Inscrit le : 03 Oct 2007
Messages : 342

MessageSujet: Re: Médecine et chirurgie Amazigh   Lun 7 Juil - 12:15

la suite de la trepanation chez les Amazigh:

“A sa demande, un forgeron apporta alors une tige de fer à pointe aplatie, dont l'extrémité était rougie au feu. Bahad l'appliqua aux quatre extrémités de la croix qu'il avait incisée sur le crâne du patient. Les chairs grésillèrent. A la pointe de chaque volet, le guérisseur planta une épine et y attacha une nervure de palmier-doum. Les quatre liens pendant autour de la tête furent ensuite tirés et noués sous le menton de l'opéré, ouvrant les téguments en une fleur sanglante et fantastique qui découvrait l'os.

Lorsque l'hémorragie cessa complètement, Bahad nettoya la paroi osseuse. Guiane vit alors distinctement la trace du coup de sabre, un sillon noirâtre et profond.Et la trépanation proprement dite commença. A l'aide d'un burin Bahad traça autour du sillon une ellipse régulière et suivant ce tracé, il se mit à inciser l'os, à petits coups lents, précis et puissants. Dans un coin de la case, le faki accroupi marmonnait les formules saintes en égrenant son chapelet. Il commençait à faire chaud.

Au bout de quelque temps, Bahad laissa tomber son instrument émoussé et en saisit un autre. Il taillait sans relâche et dans l'os le cercle se creusait, de plus en plus profond. Eguédé qui avait tressauté à plusieurs reprises lorsqu'on lui ouvrait le cuir chevelu, demeurait maintenant immobile, la tête toujours appuyée sur le coude.

Les heures s'écoulaient et Guiane vit enfin ce qu'il attendait. Dans les mains nerveuses du guérisseur, l'outil se fit plus circonspect. Une sorte de contact mystérieux parut s'établir entre la pointe métallique et les sens du vieillard. Au-delà de l'écorce osseuse, Bahad avait senti qu'il allait atteindre l'organe essentiel et fragile.

Le moment crucial était arrivé. Les risques étaient énormes . Le vieux guérisseur eut soudain conscience de son grand âge et une terrible lassitude parut courber ses épaules. Il posa son regard sur Guiane , sa jeunesse et son calme le rassurèrent.

D'une main qui ne tremblait plus, il appliqua l'extrémité du burin en un point du sillon et il fit levier.La rondelle d'os remua dans son logement, mais ne céda pas .Bahad localisa les adhérences et donna encore deux ou trois coups de tranchant délicatement. A la seconde tentative, le fragment se détacha d'un seul coup. Le chirurgien le recueillit entre deux doigts et le tendit à Guiane émerveillé. Au-dessous, la surface palpitante des méninges apparaissait. Quelques mouches s'en approchèrent. Le jeune homme les chassa d'un revers de main.

Le patient était prostré et ne réagissait plus maintenant. Bahad lava la cavité avec de l'eau fraîche, puis y versa du beurre de chèvre.L'opération était terminée.


Comme il avait prévu de le faire, Guiane resta près de l'opéré, afin d'observer le processus de guérison. Dès lors, tout se passa normalement. Chaque matin, du beurre était versé dans la plaie et, jusqu'à la nuit, quelqu'un se tenait près du convalescent pour écarter les mouches.

Au bout de sept jours, on appliqua de nouveau de la poudre de garat et l'on ôta les bâtonnets qui empêchaient le cuir chevelu de se refermer. Peu de temps après les attaches de fibre se rompirent et on laissa les chairs se rabattre lentement sur l'ouverture béante du crâne.

Au bout de quinze jours, Eguédé déclara qu'il ressentait de violentes douleurs en divers endroits de la tête. Bahad s'y attendait, car il en était ainsi habituellement . Il localisa les points douloureux, par palpation et y appliqua l'extrémité d'une tige de fer rougie au feu. Les douleurs cessèrent.

Un mois plus tard, Eguédé était définitivement guéri. ”
fin
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chamachama




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Messages : 342

MessageSujet: Re: Médecine et chirurgie Amazigh   Lun 7 Juil - 12:21

Dans le passé lointain l'Amazigh a su comment fabriquer ses médicaments
les classer et les utiliser a sa convenance.

De nombreux végétaux étaient utilisés de manière interne ou externe. Le grenadier, l’opium, le caroube, le cumin, le basilic, l’œillet, le poivre, le safran, l’ail, l’oignon, le
fenouil, le thym, le romarin, la cannelle, la girofle, le pin, le genévrier, l’eucalyptus,
le harmel (ruta graveolens), les fleurs d’oranger et de jasmin et meme les
feuilles de figuier, c'est une veritable médecine des plantes : phytothérapie et aromathérapie parfaitement acquise et maitrisé.

De nombreux gargarismes, inhalations, produits anti-brûlures cicatrisants,
lotions calmantes, à base de plantes étaient utilisés. Jugulaient les épidémies
(peste) en faisant brûler dans les maisons des plantes odorantes. Ils savaient
anesthésier avec des macérations de végétaux. Le vinaigre était utilisé
comme antiseptique.

D'autres chercheurs n'ecartent pas la possibilité que l'ancien Amazigh a
pratiqué des trépanation de crane (chirurgie cranienne.
Le peuple des Guanches en rapport ou faisant partie de l'Amazigh homme
a laissé des traces dans le Sud du Maroc et aux iles canaries en particulier.
Juba 2 lui meme avait reconnu l'existence d'un tel peuple aux ils canaries
et les antropologues lui trouvent beaucoup de similitueds genetiques avec
l'homme Amazigh.

Les Guanches semble avoir associé leurs momies à des motifs peints, et gravés
tant sur le mobilier funéraire que sur les parois des cavernes où les rites
étaient pratiqués. Les Canariens y déposaient leurs morts, le plus souvent
en décubitus dorsal. Les sépultures collectives étaient courantes et aménagées
de murets pour compartimenter les corps en diverses niches. Nobles et
notables bénéficiaient, quant à eux, de tumuli ou de grottes artificielles.
a suivre
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chamachama




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MessageSujet: Re: Médecine et chirurgie Amazigh   Lun 7 Juil - 12:24

La momification etait aussi pratiquée. La technique consistait en une éviscération
préalable pratiquée pour les seuls menceys, mais le cerveau n’était jamais extrait
comme en Egypte ancienne. Le corps était ensuite recousu et exposé au soleil pour dessèchement, avant d’être ceint de bandelettes végétales et enveloppé d’un
linceul en peaux travaillées.
Les momies exhumées depuis des grottes ont été retrouvées souvent enveloppées
de jonc, avec leurs viscères placées dans des récipients déposés près du corps, ce
qui rappelle là la pratique des vases canopes en Egypte.


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