L'ELITE AMAZIGH
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Récits ..récréation

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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:38

Tagnaoute ..un récit emouvant par les
membres de Tafraoute.exprimetoi.net
et
Chleuhs.forumactif.biz

Mimouni :

Mille neuf cent cinquante Neuf, une année particulièrement
pluvieuse et une frénésie s'empare des gens des gens du
petit village d'Aday, dans la région de Tafraoute. Beaucoup
de travail les attend dans les champs pour la récolte
exceptionnelle de cette année, blé, orge et fruits,
même le bétail paraissait s'épanouir.
Chaque matin, dans le village, une activité soutenue est
visible, des chèvres en grande quantité qui quittent les
ruelles étroites d'Aday a destination des champs
le plus souvent convoyées par des enfants en bas age,
garçons et filles. L'école ne faisait pas encore partie
du rituel quotidien. Des haies de cactus couvraient
presque les maisons basses en pisé. Quelques vieillards
d'aucune utilité dans les champs sont accroupis le long
des murs comme pour surveiller l'endroit pendant
l'absence de ses villageois absorbés par le ramassage
des cultures.
Une femme, répondant au nom de Tagnaoute,de corpulence
assez forte, et de comportement assez anormale bouleverse
le silence qui règne dans ce patelin chaque fois qu'elle
traverse une rue pour se rendre accomplir la tache de ménagère itinérante. Ce silence est interrompu par les cris de méchants
enfants impolis qui se lancent a sa poursuite WAWA WAWA WAWA !.. parlant difficilement
et de manière instable , tagnaoute articulait des mots sans signification.
Ce comportement d'enfants morveux reste cependant sans portée malsaine car
il ne reflète pas un mouvement d'ensemble, beaucoup de ces momes refusent
de s'associer a leur triste besogne.
Tagnaoute, malgré son physique est très active, travaillant dans des conditions
difficile et gagnait beaucoup d'argent qu'elle mette en réserve puisqu'elle mange
en général dans les cuisines des maisons ou elle passe sa journée.
Des années passent, les écoles ont ouvert leurs portes, beaucoup de jeunes
ont émigrés vers l'Europe et le village commence a se moderniser ....
Tagnaoute, toujours avec sa silhouette imposante mais en plus de sa
défaillance physique originale, l'age commence a faire de l'effet sur son
corps.

TAZZLA

Tagnaoute donc, avec l'age se sente trahi par ses moyens
physiques, en plus de sa défaillance au niveau de ses
oreilles (tagnaoute= celle qui n'entend pas) est maintenant
victime d'autres insuffisances. Les hommes ne se tournent
plus sur passage pour admirer la belle statue de son corps
bien bâti, en plus, ces genoux et muscles commencent a
trembler en proie au fléchissement de ses muscles. Une
autre anomalie encore plus grave l'affecte, son acuité
visuelle commence a faiblir, bilan désastreux pense-t-elle
pour tagnaoute qui n'a d'autres ressources que son corps
et ses bras ! Elle dresse mentalement la liste des gens
qui peuvent lui porter secours mais le résultat est
décourageant. Seule une femme au fond d'une ruelle
paraissait lui être aimable et protectrice, c'est la seule
maison ou Tagnaoute est habituée a manger et s'habiller
sans contre partie, elle n'a pas besoin de travailler pour
se régaler dans cette maison. Aussi, elle a pris cette femme
pour une soeur sincère , celle que la nature ne lui a pas
donné. Chaque fois que tagnaoute est en manque , elle se
dirige sans penser vers sa soeur non génétique. La
nourriture abonde et l'accueil est chaleureux .. ici elle
peut goûter aux délices de la vie, l'huile d'argan et l'Amlou,
concentré de noix d'amandes a l'huile, thé de bonne qualité
et autres fruits exotiques .
Il est temps pour tagnaoute d'avoir un local pour la contenir
dans le cas de maladie imprévue, dans le passé elle se contentait
d'errer de maison a maison.
La complicité de sa pseudo soeur lui a permis de disposer d'une
ancienne cuisine externe sorte d'anoual avec son kanoune
qu'une voisine lui a cédé gratuitement.
Tagnaoute se sente enfin a l'abri dans son nouveau refuge
son kanoune et ses divers ustensiles et choses de la vie.
Elle y en emménage divers coins pour arranger son patrimoine
, ustensiles, timkilines, verres et autres .......

Aokas

Pour tagnaoute, rien n'est le même, sa santé s'affaiblit, son
corps perd de beauté, et sa silhouette jadis dominante commence
maintenant a pencher et se courber, et tamelhafte noire qu'elle
portait semble plutôt perchée sur un séchoir et non couvrant un
corps de femme. sa santé aussi ne lui permet plus de travailler
comme de coutume et donc elle gagne moins , les gens ne lui font plus
de cadeau, la vie a changé et les villageois sont devenus plus
matérialistes. sa soeur par bonté a quitter ce monde malgré son
jeune age, les gens qui sont bons disparaissent vite se disait Tagnaoute
et dieu a voulu la laisser derrière elle , peut être Tagnaoute ne
faisait pas partie de ces gens aimé par dieu et que ce dernier
rappelle a ses cotés très tôt pour leur épargner les désarrois
de la vieillesse et l'hérésie des jeunes.
tagnaoute a bien essayé de renouer le contact avec la famille
de sa soeur, mais hélas, la famille a perdu de sa bonté et sa
générosité, la vie est devenue plus dure, la concurrence aussi
a occuper les premières places de la pyramide, les familles ayant
des émigrés en Occident semblent s'enrichir plus vite et de
nouvelles maisons robustes et belles font leur apparition dans
le village d'Aday. maintes fois, elle s'est rapproché de la famille
de sa soeur , mais l'accueil est froid, les gens semblent plutôt
occupé a se hisser dans la hiérarchie de la vie et les choses de
complaisance sont reléguées au second rang, même le fils de sa
soeur , jeune homme instruit , fonctionnaire et faisant un
métier plutôt noble ne semble plus lui prêter aucune attention.
tagnaoute se résigne enfin a s'immobiliser dans son anouale
noirci par les restes de l'utilisation et de l'age, le manque
soin aussi. tagnaoute faiblit de plus et chaque jour elle
découvre une défaillance supplémentaire dans son corps,
ses dents commence a la quitter une a une, suite au manque
d'hygiène ou d'une maladie antérieure non traitée.
La maladie s'installe, la misère s'installe alors que le village
et ses occupants évoluent positivement, ce mode me vomit,
ce monde m'a vomit et m'ignore se disait-elle?
tagnaoute commence a compter les jours qui lui deviennent longue
et implore le créateur de la rappeler a ses cotés, la soustraire de
ce monde qui n'est plus le sien ....

CHAMA

Le flot des malheurs qui s'abattaient sur Lalla Tagnaoute ont fini
de la transformer en vagabonde errante, un bâton lui sert de
soutien et d aide, elle ignore le temps, et passait ses journées
a errer de rue en rue et village en village ou dans les champs.
Des gens lui offraient bien des morceaux de pain, mais la
pauvre n'a plus les dents pour les mâcher.
Le temps n'a plus de signification pour elle, les heures de sortie
de son logement n'obéissent a aucun horaire de même que
celles de son retour.
Le bruit court dans le village que Lalla Tagnaoute a amassé une
grosse fortune durant son travail de ménagère grâce aux dons
et cadeaux, et peut être aussi que les hommes lui font d'autres
cadeaux secrètement, Lalla Tagnaoute était belle et forte mais
démunie.

il y a une suite
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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:39

TASSOUSSIT

tagnaoute devenue aveugle , sourde et muette vagabonde au gré
du hasard, elle lui arrive de passer devant la maison de sa soeur
sans même sans rendre compte ou plutôt sachant que celle qui
l'aimait n'est plus la et que le seul enfant qui la respectait a
aussi quitter le village sous la pression des aléas de la vie, il
est allé étudier ailleurs.
tagnaoute a supporté l'insupportable, la dureté de la vie, la
rejet et l'ignorance des gens, la négligence, erra a travers les
champs et les douars , trébuchant et tombant dans des fossés
ou des haies de figues de barbarie. Elle est devenu insensible a
la douleur.
Sa silhouette frêle et noire est maintenant devenue connaissable
sur les artères et pistes locales ... une ombre qui bougent a peine
un fantôme aux yeux des gens et des enfants,une créature
abandonnée sans assistance faire face au péril qui la guette
a chaque pas. maintes fois, elle s'est posée des questions sur
le comportement des gens a son égard, mais vraiment les blâmer
ou leur reprocher quoi que se soit ;.. tagnaoute est née pauvre,
a vécu pauvre et simple, n'a fait qu'aider les femmes dans les
difficultés quotidiennes ... le destin a voulu qu'elle souffre avant
le repos éternel.

Les gens ne sont plus ce qu'ils étaient, des individus se sont rapprochés
d'elle non pas pour l'aider et la soutenir ou réduire sa souffrance mais
pour lui ravir le magot qu'ils pensent que Tagnaoute avait amassée et
cachait en lieu sure ....

TOUFAYOUR

Un après-midi pas comme les autres;des nuages sombres assombrissent l'âme et étouffent le coeur,un silence de mort envahit la plaine,de temps à autre,un chacal solitaire hurle sa solitude et sa faim à la montagne fière qui lui rend son appel au secours plus vide et plus résonnant de douleur...Je suis assis à ma place ,celle que je choisis à la fin de l'après-midi pour attendre le coucher du soleil et savourer le crépuscule seul,loin du bruit des villageois qui ,à cette heure rentrent de la mosquée en parlant de la vie,de ses hauts et ses bas,de la pluie qui continue à bouder notre petit village,du spectre de la sécheresse qui nous menace,de la dureté de la vie et d'autres choses encore...je suis là,à ma place,attendant mon rendez-vous d'amour et de passion avec le déclin du soleil et la tombée de la nuit qui apaise les êtres et les choses et les invite au repos et au silence nocturnes....je suis là ...et voilà que je vois venir de nulle part,se dandinant tant bien que mal,appuyée à son bâton qui la guide à sa guise,qui l'a fait maintes fois tomber,la pauvre!..Je suis là et je n'ai aucun mal à la reconnaître même si cela fait longtemps,très longtemps que je ne l'ai plus revue et que j'ai failli oubliée. Non,je n'ai rien oublié: Elle est là,dans mon tréfonds,elle y séjourne en paix ,rieuse et joyeuse comme elle a été ,il y a longtemps,très longtemps quand elle venait rendre visite à ma mère , se reposer,prendre tout ce que maman lui offrait et partir sans mot dire ,le visage souriant,radieux ,exprimant mieux la reconnaissance et la gratitude que les mots! A quoi servent les mots?...Je suis là et je la regarde ,faisant un effort considérable de mémoire et toutes mes réminiscences deviennent clarté,deviennent lueur,deviennent jour! C'est elle:Tagnaoute!Elle s'approche de moi,me fixe du regard en voulant me demander quelque chose. Ses yeux profonds ,pleins de chagrin, de peine, de fatigue me font mal au coeur et je baisse les yeux,ne pouvant la regarder droit dans les yeux. Elle prononce des syllabes inintelligibles ,faisant un effort surhumain pour me demander quelque chose,pour communiquer. A quoi servent les mots? Elle finit par grommeler !"MMMA!MMMA!"...Je suis là,je la regarde et répète bêtement avec elle"MMMA!MMMA!",essayant de comprendre...et subitement je comprends! Je lui demande si elle demande des nouvelles de ma mère,elle fait signe de la tète que oui en souriant. Comment lui expliquer? que lui dire? A quoi servent les mots? Je lui fais signe que ma mère n'est pas là. Elle insiste en faisant des gestes de plus en plus violents. Je fais un signe de la main en direction du cimetière du village pour lui dire qu'elle est là-bas,ma mère! Elle me prend alors par la manche de ma "Foukia" ,me tire très fort voulant à tout prix que je la guide vers ma mère. Que faire? il n'y a rien à faire. Je veux lui expliquer que ma mère nous a quittés,qu'elle n'est plus là,qu'elle ne sera plus là mais comment expliquer cela à cette pauvre Tagnaoute? ...A quoi servent les mots?..Je la prends par le bras et prends le chemin du cimetière en prenant son allure de peur qu'elle ne tombe. Plus nous nous approchons du cimetière,plus elle a l'air de comprendre:je le sens,je le sais car elle me sert ,de plus en plus fort,la manche de la Foukia...Nous arrivons,nous entrons...Les tombes sommeillent en paix,un silence paisible règne en maître absolu sur les lieux,surtout à ce moment;le soleil est en train de se coucher,las de cette journée de canicule et voulant à tout prix aller se reposer!...Je l'emmène à la tombe de ma mère. Elle s'asseoit sur le bord de la tombe,tout près de l'endroit de la tète de la défunte et reste là,les yeux baissés...je reste debout,regardant cette femme qui pleure ma mère sans larmes...A quoi servent les mots?...

ADMIN

Plus rien n'a d'effet sur Tagnaoute et la visite de la cimetière est passée
inaperçue .La torture physique permanente qu'elle supporte couvre les
moments de plaisir ou de souvenir qu'elle traverse. tagnaoute n'est pas
une femme a vivre en captivité et sa kitchenette est devenue une prison
insupportable. Tagnaoute devenue le Koala d'Aday pour quelques uns
et potiron pour d'autres,continue de fasciner quelques uns qui pensent
qu'elle dore sur un trésor. Des chacals rodent car le gibier est facile,
l'un deux a entamé une approche sans faille et propose a tagnaoute
de lui venir en aide pour l'acquisition d'un nouveau dentier et des
soins qui lui permettront de retrouver sa mécanique broyante.
Hélas ce n'était qu'une manière assez simpliste de s'accaparer des
sous de la malheureuse.

ADAY 22

tagnaoute victime de ce premier arnaqueur qui l'a privé
d'une bonne partie de son épargne , puis un second
qui est même père de famille et que l'appât du gain
ne l'as pas empêcher de se comporter en escroc.
Tagnaoute, femme sans plus l'être, créature sans
nature apparente ni appartenance ou but.
déshérité vivante par ceux qui sont sensées lui
porter assistance. Devenue corps sans âme, sans
force,tagnaoute erre en prix a la saleté , aux
mouches, tellement son corps est faible qu'il ne peut
plus générer d'enzyme pour se défendre ou activer
ses muscles pour décourager les mouches qui
profitent de ce reste humain vivant.....
Un malheur ne vient presque jamais seul! et Tagnaoute
sait que le temps approche , un jour son anoual est parti
en fumée, destin ou provocation humaine mais personne
ne s'intéressait plus a cette ombre mouvante .
L'activité dans le village devient de plus en plus intense,
la vie rentre dans frénésie sans précèdent, le cris des
chèvres dimininuent et une étrange musique fait son
apparition dans le patelin ... le cri des voitures.
Tagnaoute n'ayant plus d'argent, d'anoual, de famille;
mais uniquement une ta2oukkazte en bois décide de
tourner le dos a ce monde d'Aday impitoyable ...

FAKIR

C'était une journée pas comme les précédentes, vent fort et poussière
changeant de directions continuellement, tout laisse présager que le
destin prépare un odieux crime dans cette région.
Très tôt , Tagnaoute, n'ayant plus de anouale parti en fumée, ni
épargne puisque subtilisé par des escrocs sensés l'assister, elle
s'arme de son ta3oukazte et quitte le village sans vraiment savoir
ou se rendre. Rien ne la lie plus a ce village ou , pourtant elle en
a passé des moments de joie avec sa soeur défunte.
Tantôt dans les champs, tantôt dans les cactus et parfois
même sur une route qu'elle reconnaît a sa surface plane et
rugueuse, tagnaoute, aveugle, sourde, muette et desemparée
traîne ses pieds au hasard .. puis, tout a coup elle entendit
un vrombissement et cahotement inhabituels, un frottement
qui a fait vibrer ses nerfs sans raison ses cheveux se hérissait
elle a senti un danger imminent, puis un choc terrible ..
pendant quelques instants elle sentit une douleur atroce qui
déchire son corps, elle n'arrive plus a situer sa tête de ses
pieds ,puis elle perd connaissance ...
Tagnaoute victime d'une voiture R4 , misérable engin qui
faisait sensation en ce temps, le chauffeur se croyant chevalier
n' a laissé aucune chance a Tagnaoute .. elle décéda immédiatement.
Des coeurs généreux lui ont permis tout de même de retrouver une
place a coté de sa soeur dans la cimetière d'Aday.
Que dieu aie leurs âmes toutes les deux.

Zalhoud:

Je suis heureux que ma nouvelle vous ait
inspiré l'idée de réécrire l'hstoire de
Tagnaoute.Je remercie tout ceux qui ont
participé Je vous souhaite et à ce site
une bonne continuation
Amitiés

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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:40

Mohand le Rifain ..Récit de Mimouni

Toute ressemblence avec la réalité
découle uniquement de le coincidence

Mémoire de Mohand le Rifain

Mohand l'enfant mal aimé du village a vu le jour vers 1937 au village
de Ketama dans le Rif. Tout le prédestinait a un future sombre, assez
deformé, de morphologie plus grande que la normale, complètement
teigneux, pas un cheveux sur la tete , en plus son crane a l'aspect
d'un terrain volcanique. Mohand est la risée des enfants du village,
tout le monde se plaisait a lui donner des coups et a fini par s'y habituer
a telle façon que c'est devenu une manière de le dorlotter. Vers 1947
Mohand devait avoir 10 ans a peu près, l'etat civil n'etait pas encore de
rigueur dans la région. Sa seule ambition, l'unique est de s'approcher
de la jeep du militaire colon qui administrait la région, klaxonner , puis
prendre la fuite. Il est l'unique villageois qui peut se permettre un tel
luxe, considéré comme un aliéné personne ne prete attention a son
comportement. Un jour , l'administrateur colonial habitué a rendre
visite au cheikh de la region dans le but de fortifier et honorer son
règne, attrappe Mohand, il lui donne un chiffon et lui ordonne de
depoussierer le véhicule. A partir de ce jour, la vie du teigneux a
changé, il s'adonna a ce travail avec ardeur, centimètre par centi-
mètre la jeep est nettoyée de telle façon que le proprietaire resta
bouche bée.

a suivre
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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:41

A partir de ce jour Mohand devint le nettoyeur officiel de
la voiture du colon, l'enfant se trouve soudain enveloppé
d'un prestige et d'un honneur qui lui confère le respect
de ses semblables, il ne recevait plus de coup, et les
gens s'inclinaient legèrement en le croisant par crainte
qu'il ne les dénonce auprès du cheikh et son patron.
Mohand a maintenant 13 ans, il devint un noble du
village malgré son etat chétif et sa tenue qui se réduit
a un rugueux vetement semblable a un sac avec deux
manches.L'année suivante, l'administration a mis une
voiture a la disposition du cheikh, mohand devint son
conducteur, le permis n'etant pas du tout exigé durant
cette période, le teigneux pourra maintenant user a
volonté a son jeux preferé , klaxonner, son employeur
s'en trouva emerveillé, façon d'aviser les ruraux de son
passage, meme les vaches et les brebis maintenant
pretent attention au passage du chef. Mohand malgré
cette fonction qui ne lui rapporte aucun sous est serein
et son future ne lui pose aucun problème. Quelques
année ont passé, le colonisateur commence a plier
bagage, et s'assure de la continuité de sa politique
apres le depart en installant de nouveau venu formé
par sa machine et proposé aux autorités du pays qui
l'ont accepté faute de cadres plus nationaux.
L'administarteur ne voulant pas abondonner Mohand
par peur qu'il ne devint la risée des ruraux après avoir
cottoyé les hautes instances dominantes, essaie de
le placer quelque part, mais l'etat, la formation et la
morphologie de ce rifain teigneux lui ferme toutes
les issues. On demande a Mohand ce qu'il veut faire
et il répondit, conduire, conduire et klaxonner, rien de
plus, le capitaine lui procura un permis d'autocar et
le plaça comme chauffeur dans une société nationale.
A vingt ans, Mohand , et avec l'appui des ex-colon
rstant influants dans la région malgré l'accès a la
liberté et l'independance, a pu etre affecté a la
ligne Casablanca - Oujda en passant par Ketama, il
est ravi, maintenant a chaque fois qu'il traverse son
douar, une frenesie s'empare de son contenu, animaux
poules, humains et oiseaux sursautent par le bruit
de l'avertisseur du car , tellement puissant. Quelques
ont suffi au teigneux pour que des etrangers entrent en
contact avec lui et l'informe qu'il dispose d'une mine dont
il n'a qu' a tendre le bras et ramasser des sacs de billet
de banques. Mohand, entreprit donc une longue marche
vers la richesse, chaque voyage lui permet de transferer
une dizaine de kilogrammes de kif vers les villes interieures.
Le teigneux se metamorphosa, il sait maintenant compter
et dispose d'une petite fortune. Une dizaine d'année sur
cette ligne lui ont suffit pour devenir un petit empereur, de
l'argent, des amis influents, des connaissances locales
et etrangères, il se fait une autre personnalité, adopta une
perruque, s'acheta des habits de luxe et demissionna de
ce foutu travail de conducteur.

a suivre
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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:41

suite ...


Mohand, mainteant libre et disposant de quelques millions
reserve quelques jours a etudier la situation pour determiner
la region de sa nouvelle résidence. Il n'a nullement l'attention
de quitter sa region, et trois posibilités reviennent constamment
brouiller sa pensée. Rester definitivement a Ketama, Oujda
ou Taounat. Il passa en revue les possibilités de chaque région.
Taounat parait ne pas répondre a ses attentes, et les gens de
Taounat lui paraissait ne plus etre des Rifains, ils parlent l'arabe
et ressemblent plutot a des pseudo-fassis, en fait, taounat a
profité de sa proximmité de Fes, les riches fassis s'achetent
a gros prix les lopins de Taounat dont les ruraux devinrent de
simples fermiers serviteurs, leurs enfants ont pu integrer les
ecoles par appui des gens de fes et ainsi ils se sont completement
intégrés. Mohand, opta pour Oujda, mais la encore, trouva que les
Oujdis ont complètement perdus leur identité de rifains, et de
l'avis des pures , devinrent des Gal'aa'i soit des pseudo-rifains
aussi. Il reste Ketama, ce village ne lui procure aucun bon
souvenir, comment s'epanouir dans un lieu ou, il etait traité moins
qu'un ane, et que les gens de sa generation profitent de toutes
les occasions pour lui rappeler les coups du passé et 'etat de son
crane. Il plia bagage et rejoint Tétouan, la capitlne citadine semi
Marocaine, sem-espagnole par culture. Il s'y installa, et continu
a picoter et fortifier sa fortune dans le domaine des drogues
naturelles. Durant les années 70, le gouverneur de la région de
Ketama lui proposa d'investir en lui assurant qu'il aura tous les
appuis necessaires. Mohand se laise guider et obeit a la lettre
au gouverneur et ses alliés. Il emprunta facilement quelques
milliards sans meme savoir la procedure, la moitié de cet
argent est detourné par ses guides contre son intronisation
en parlement. Il edifia un hotel et quelques epiceries dans la
région, et, en tant qu'elu et siegeant en haute instance, ses
affaires ont connu un enrichissement fulgurant. Voial maintenant
plusieurs decennies qu'il est conseiller, quoi que sa fonction est
reduite a la presence dans ce prestigieux espace, parce que ne
sachant ni lire ni ecrire. Cet espace lui permet de se reposer et
meme dormir loin des routines et traitement d'affaires financières
Mohand, honorable, conseiller du peuple, baron parmis les grands
eu des enfants, des villas, des usines, le respect et l'honneur de
tous.


a suivre
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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:42

suite ..



Mohand se sentit vieux, la vie en confort et le deplacement en
mercedès a assouplit ses muscles et donner plus de volume
a son ventre. Les citoyens sont devenus plus informés et de
plus en plus de gens refusent d'etre guidés ou soumis a des
pressions pour lui octroyer leur vote. Le coup de pouces des
hauts fonctionnaires est aussi devenu trop risqué et moins
vigoureux. Il pensa donc a revitaliser sa personne auprès des
citoyens qu'ils presentent et aqui il n'a jamais octoyé aucune
attention ni assistance. Il opta pour une nouvelle stratégie,
chaque semaine il parcourt les villages, saluant les gens et
distribuant de l'aumone aux pauvres, engagea quelques maçons
pour blanchir les murs de edifices d'Igorramnes, acheta et offra
des médicaments par ci , par la. Pour couronner le tout, sachant
les elections proches, obligea son fils a se marier, le but etant
d'inviter le peuple a un festin grandiose dans le but d'avoir leur
soutien. Il loua des espaces, des villas, des hotels, et, envoya
des bus sillonner les douars et ramasser les campagnards qui
pour la première vont se sentir importants, des centaines de
vieillards et jeunes ont été convoyés sur Tetouan, nourris , logés
et meme des orchestres populaires ont été mis a leur disposition,
trosi jours de fete innoubliables, les autocars s'alignent pour
rappatrier les gens vers leurs villages. Mohand a pris le soin de
preparer un petit cadeau pour chaque individu. Des centaines de
sac furent ainsi achetés et remplis de vetements et divers produits
a petit prix, meme les bonbons y figurent, c'est dier que Mohand
pense a s'assurer de sa reconduction et la reservation de ce
poste a sa dynastie. Les Rifains furent honorés et a partir de
maintenant Mohand est assuré de leur soutien. Le baron coulait
de merveilleux journées entre ses villas de Tetouan et l'edifice des
conseillers a Rabat, Ketama, elle, est toujours un village, le douar
de Mohand.
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mimouni
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ViergeCoq
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:43





Destin de femme

Auteur : Abdelmalek Mimouni
Dieu créa au début un homme puis sa femme,ils
eurent parait-il une fille et deux garçons. En
grandissant, l’un des frères jetta sa dévolue
sur sa sœur qui était sans doute pulpeuse, de
toute façon il n’avait pas le choix,elle était
femelle unique sur terre.

Le fait de se partager la blondinette n’a pas
été accepté. Vint alors le moment crucial de
passer a l’assaut et s’accaparer le bijou

……… on
assassina l’autre et on prend possession de la
belle qui devint la mère de l’univers
…………en ce
moment le mot inceste n’existait pas encore.
Actuellement,on reconnaît discrètement qu’ en
fait nous sommes son fruit..que cela plaise ou
non.En fait, mieux vaut être issu de l’inceste
que du singe,aucun autre choix possible. Ainsi
donc la femme a donc toujours était l’objet de
domination,d’exploitation ou d’acquisition.Des
siècles se sont succédés sans changement. Dans
l’antiquité, le seigneur c'est-à dire l’homme
le fort et intelligent poilu, en toute dignité
et prestige pratiquait l’hospitalité sexuelle
c'est-à-dire livre sa femme et ses filles a
ses hotes. Au cinquième siècle avant Jesus, on
instaure la prostitution profane et légale,soit
aux alentours des sanctuaires religieux , les
hommes peuvent prendre possession de ces corps
frêles et sans défense pour un moment et ceci
juste après la prière (une gratuité) puis les
abandonner a leur sort.
Après la délivrance,les
progénitures sont abondonnées aux pirates et
marchands qui les élèvent comme des poulets et
les revendent a titre d’esclaves. Puis , notre
docile moitié a vue son rang s’améliorer , elle
devient par statue « objet du maître » qui a le
droit absolu sur son corps et âme. De la , elle
passa au grade de dictérions (maisons d’état ou
sont exploitées les femmes au profit du régime
et sa trésorerie ).
Ces dictérions ont par la
suite étaient divisées en trois:les dictériades
les aulétrides et les hétaires. Mais le malheur
de la femme a continué a se perpétuer.Ainsi, un
jour on décréta ,que pour assouvir le besoin de
monsieur en chair fraîche, il est nécessaire de
diviser cette catégorie en deux, l’une dédiée
administrativement et légalement,c’est l’épouse
et l’autre sans statue sera sacrifiée pour les
urineries passagères de monsieur. Enfin, on est
devenu moderne,équitable, on passe aux choses
sérieuses, on reconnaît et adopte les livres
saints émanant de dieu et qui privent la femme
de ses droits minimes. Le male lui, est plutôt
bien servi et dispose dorénavant de moyen tout
a fait légal de pouvoir manipuler, exploiter et
se servir a outrance du corps de son autre ego.
…………Il peut tester le bon fonctionnement de son
outil en défrichant, démolissant, se delectant
des divers composantes, inspectant les coutures
plis et replis en tentant a chaque fois de se
faire un nouveau record sur sa victime.
celle-ci
sans recours,ni résistance physique adéquate ne
peut que constater et mémoriser le fabuleux
et performant travail du male dominateur qui
l’a contraint au jeu du plaisir personnel non
partagé. Les romains ont aussi, bien avant les
arabes profité de cet état de chose en créant
les meretrix(maisons de femmes esclaves)dirigée
par un leno (proxenète agrémenté),un fait dont
atteste les fouilles récentes et anciennes a
Pompéi et suivis par les gynécées et les harems
où la femme devient une denrée que l’on peut
stocker et user a volonté et ceci en fonction
de sa bourse. L’armée du monde moderne a aussi
organisé et financé les « camp followers » ou
camps suiveurs, soit des milliers de femmes qui
sont obligées de croupir a coté des militaires
pour que le baroudeur puisse la monter entre
deux batailles.L’église, et surtout en temps du
pape Jules2 a autorisé et permit l’exploitation
de la femme en instaurant les « public hotel »
dirigé par un religieux qui collectent le fruit
du travail de ses femmes pécheresses devenues
bienfaitrices pour le moment et pour couronner
le tout on imposa a notre moitié de porter un
collier jaune pour montrer son appartenance et
rang en société. Mais monsieur est insatisfait.
……………Pour conclure, on n’oubliera pas de citer
le complex prostitutionnel allemand (des
milliers de femmes) destinées a essorer les
visiteurs et autres durant le déroulement de la
coupe du monde.
L’Afrique elle, a connu et continue a perdurer
l’exploitation, la marginalisation,l’oppression
patriarcale et le favoritisme de l’enfant male
sur la femelle et continue a nos jours encore
sectionner le sexe de la femelle pour qu’il ne
soit qu’un trou passif, ailleurs, d’autres font
porter a la femme une kechchaba ou bourka la
couvrant totalement.
Ma sœur, ma mère, ma fille……ce n’est pas encore
demain que tu disposeras de tes droits !
**********************************
Nous sommes en 2006,le savoir est banalisé, la
technologie a métamorphosé les esprits et les
astres lointaines violées, et l’Africaine est
toujours sous le soleil accablant,assoiffée,
fatiguée,tu ramasses les crottes d’animaux sur
les plaines pour cuire les repas de monsieur
qui somnole a l’ombre tout en courtisant tes
voisines et élaborant des plans pour accroître
le nombre d’individus de son harem.
Pas loin de
là,tu es emprunté par un voisin ou proche pour
remplacer l’âne le jour du souk hebdomadaire.
………Ailleurs, pieds nues tu parcours le Sahara,
l’Himalaya,l’atlas,les Pyrénées a la recherche
des besoins journaliers de ta famille. Au fin
fond du monde moderne, des boulevards ont été
attribués à tes semblables, là, elles seront
exposées toutes nues , en vitrine éclairée, de
jours comme de nuit afin que monsieur puisse
choisir a l’œil l’article qui lui plait, jeune
ou veille, blanche ou blonde, noir ou café au
lait, catholique,musulmane,juive ou bouddhiste
Le monde entier est représenté ici par filles
interposées, en articles exposées derrière les
vitrines a l’attente d’un consommateur scrutant
le contenu et contenant….
…………Des millions de crimes ont été épargnés par
par le fait que tu existes,du fait que toi seule
est capable de dessécher les tuyaux de venin du
male et donc éliminer cette puissance maléfique
par décharge intégrale a partir d’un corps suant
et puant vers ton havre de sérénité, de calme et
de tranquillité seule apte a cette noble tache.
Le male géniteur que dieu a doté de ce ridicule
Et bizarre instrument, saugrenue et a géométrie
variable qui ne trouve son calme qu’ a l’état
d’étranglé ou suffoqué , respire enfin, tout son
malheur est transmis a sa douce moitié……………… Toi
ma sœur, malgré tout ce que tu as enduré, et le
fait d’avoir généré la vie en enfantant pendant
neuf mois, et malgré les douleurs surhumaines de
l’accouchement , et plusieurs années pour mettre
sur pied ce chef d’œuvre, l’homme, dès que tu
disparais tes souvenirs subissent le même sort,
pas même le droit de donner ton nom familiale a
ta progéniture,c’est encore lui, dont l’acte n’a
été qu’un court moment de plaisir qui aura ce
privilège…Il y a aussi des choses que même les
historiens ne reporteront jamais mais que la
mémoire humaine retiendra pour l’éternité………Des
énergumènes poilus a volonté, au regard horrible
répugnants et suants a outrance circulant en 4x4
a verre tintée,en moyen Orient, croulant sous le
chargement d’oisillons asiatiques destinés a la
consommation,aspergés en intimité et en publique
Va ma mère, ma sœur, ma fille, dieu t’a banalisé
par humain interposé et pour ceux-là tu resteras
toujours comme telle…..et on continu a créer des
procédées pour une exploitation intégrale de ton
corps, de ton âme et esprit…a outrance ………………………
………………du striptease évolutif moderne on passe au
cunnilingus (bouffer la femme),a la danse contact
a la domination,au facial, au fantasme,au fétiche
au fingering, au fisting, au golden shower, au
out-call et in-call……………………la liste est longue et
monsieur ne sera jamais satisfait……
………Chez les muslims, tu portes le deuil après son
décès, lui, il en est exempt.
Je vois loin le jour de ton humanisation,sacrée
femme, tu aurais pu être une déesse terrestre.
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:44

Destin de femme


Quand l'histoire d'une femme est aussi l'histoire d'un peuple. Margaret Mazzantini, de par les méandres de la vie d'Antenora, trace le lien entre un bataillon coloré d'ancêtres et l'Italie d'aujourd'hui.

A ntenora est vieille. Antenora est morte. Et avec elle, disparaît un monde, celui de la vieille Italie. Celle des pauvres grattant les cailloux pour manger, celle de l'épouse dans un milieu mené par l'homme, le mari, le père, celle du mirage fasciste et de la guerre, celle de la mère élevant ses fils pour les voir mourir. Margaret Mazzantini raconte tout cela, et plus encore.
Amours déçues Envies perdues
Sa sensibilité à fleur de texte l'amène à la description de ces petits riens qui vous raccrochent à la vie, à ces destins de femmes comme les autres qui sont ceux de sa famille, qui sont ceux de l'Italie toute entière.
Comment raconter sans trahir ce livre palpitant de vie, d'amours déçues, d'envies perdues.
L'arrière-grand-mère devint folle d'amour. Grand-mère a trois fils, dont elle a craint qu'ils ne meurent à la guerre et supplie la Madone de l'aider : « Tout était immobile. Dans le monde il n'y avait rien de plus sacré que cet entretien nocturne, volé au ciel.
La mère terrestre à la douleur cruelle chassait la Mère céleste de sa paix décorative et la tirait vers elle, à genoux sur les cailloux ».
Elle a aussi une petite-fille, qui la regarde, pauvre vieux papillon épinglé dans une vie romaine qui la dépasse et l'engloutit.
« Merci, vilaine grand-mère, pour ton invitation à cette valse bancale dans laquelle tourne toute la famille : à chaque tour un nouveau visage (.)
Tu profites de moi parce que tu sais que je ne crois pas au temps, que je considère comme une invention, un mensonge pour scander notre passage sur terre ».
On doit déjà à Margaret Mazzantini un livre qui a été un succès international - Écoute-moi - récompensé en Italie du prestigieux Premio Strega 2002. Les éditions Robert-Laffont publient aujourd'hui Antenora, le premier roman de l'auteur.
J. REMY
Antenora, de Margaret Mazzantini, traduit de l'italien par Vincent Raynaud, éditions Robert-Laffont, collection Pavillons
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Sam 5 Juil - 22:45

Destins de femmes nord-africaines à travers l'histoire

Des Carthaginoises à la Kahéna... Saïda Mannoubyya... Aziza Othmana et aux contemporaines : Voix de femmes

Je vous parle de Carthage.

Qu'importe mon nom et qu'importent les 2.150 ans qui nous séparent !

Je passe à travers vous, particules indestructibles pénétrant matière et air d'une même indifférence. Errante prestigieuse et sereine, je traverse les jardins, les maisons, les espaces; les ruines de la Grande Carthage m'enchantent.

À toi ! Didon mon ancêtre, bâtisseuse de cette " ville nouvelle ", tu en es l'aurore, j'en suis la nuit tombée.

Je vous écris du temple d'Eshmoun, les flammes dévorent avec voracité les poutres de bois de cyprès et montent, rougeoyantes, pourlécher la charpente du temple. Je les vois arriver à moi de toutes parts, je serre mes fils, je presse leur tête contre ma poitrine, je ne veux pas voir leur regard affolé.

Astrubal, époux tendrement aimé, je te hais désormais depuis que l'être que j'ai érigé s'est détaché de toi. Tu es nu, là, déserteur, félon, tu t'es vendu à Rome.

Tu ne connaîtras jamais la mort si douce, le bien-être de l'éternité à travers les âges où ton corps dispersé en particules plane dans l'espace, infiniment mobile.

Tu auras agglutiné à ton nom la malédiction des Carthaginois. Tu les as trahis, deviens donc romain, mais sans âme et sans honneur.

Pourtant, Astrubal, ta traîtrise t'a immortalisé cependant que l'Histoire n'a conservé de mon immolation qu'un mouvement de stupeur et d'angoisse, abandonnant aux cendres mon nom de femme fidèle !

Peut-on, pour une ville, se jeter dans les flammes avec ses fils ?

Oui ! je l'ai fait pour que vive Carthage !

Je vous parle de Carthage.

En ce jour de printemps de l'an 203, l'amphithéâtre déborde de spectateurs venus se repaître de notre sacrifice.

Nous allons mourir pour Dieu. Nous allons mourir comme Jésus supplicié sur la croix. Tel est notre destin. Devenir martyres pour que la violence se mue en bonté et en magnanimité !

Le peuple s'agite, il veut du sang, il hurle ! Les festivités commencent, les fauves sont lâchés, Perpétue et moi descendons dans l'arène.

Ma maîtresse a accouché il y a tout juste vingt-trois jours, son enfant est à l'abri chez sa mère, son mari l'a abandonnée, lassé par ses idéaux mystiques. Je le comprends, mais moi je ne peux rien dire et je vais me faire dévorer par les lions, moi la servante Félicité. J'irai au paradis des Chrétiens, m'a dit ma maîtresse, mais la vie ici-bas me convient pleinement !

Elle est blême, elle se tient difficilement debout, la montée de lait laisse des auréoles mouillées sur son corsage, sa robe est tachée de sang, elle croise les mains et prie son Dieu de justice.

Elle m'a dit de ne pas m'inquiéter car elle m'associe à toute ses prières, mais je n'ai pas envie de mourir !

Je dois la suivre pourtant. Les gardes nous font signe d'avancer, je recule, ma maîtresse me pousse vers eux.

L'arène, pieuvre enveloppante, assourdissante, jette ses tentacules : yeux fous, bouches ouvertes, mains tendues, cheveux hirsutes, yeux, bouches... grondement, tonnerre....

Je veux fuir. Je ne le peux. Hypnotisée, on ne m'a pas enseigné la révolte !

Les fauves arrivent, souples, affamés, féroces, leurs pattes touchent à peine le sol tellement ils sont pressés de nous dévorer.

Le premier se jette sur ma maîtresse ; d'un coup de griffes, son bras est arraché, je hurle des sons qui ne s'entendent pas, les deux lions achèvent de la mettre en lambeaux, son sang gicle, une odeur poisseuse me soulève le cœur, ses lèvres ne cessent de bouger, mais que dit-elle pour ne rien sentir ? Quelle prière anesthésie ses sens ?

L'arène émet un long spasme d'angoisse pendant que les fauves se tournent vers moi! Dieu de Perpétue! Je ne veux pas de paradis, je ne veux pas souffrir!

Mon esprit discerne dans le tumulte une rumeur montante horrifiée : assez, assez!

Tout chavire...

L'an 384, je vous écris de Carthage.

Je viens d'arriver en carriole dans cette ville étrange. Un cousin lointain me donne le gîte dans sa maison du côté du port. La ville est immense, avec de grandes voies bien pavées qui partent du Levant et filent droit vers le Couchant.

Je cherche mon fils, Augustin. On m'a raconté des choses atroces sur sa vie ! Il passe ses nuits au théâtre, il fréquente les filles de mauvaise vie !

Je ne le laisserai pas s'abîmer dans la licence et le libertinage. J'ai vendu mes bijoux, ma tunique ne tient plus que par des anneaux de cuivre, ma ceinture est une tresse de chanvre. Qu'importe!, cet argent, il me le fallait pour payer le voyage d'Augustin à Rome. Il faut qu'il parte.

Mais où peut-il être ? Il fait nuit noire dans le port, l'obscurité m'effraye, la rue qui monte à droite est éclairée par des lanternes accrochées aux murs de pierre, j'entends une flûte.

" Augustin, pauvre fou, où donc t'es-tu perdu ?

- Dans le théâtre, mère, dans les décors, dans les passions, dans la volupté et l'amour, dans le geste et l'émoi.

- Augustin, mon fils, pars, rends-toi à Rome et sauve ainsi ton âme !

- Mère, aux créatures ivres d'éternité, cherchant l'instant fugace où elles pourront entrer dans la maison éternelle, que dirai-je ?

- À Rome, on t'apprendra la voie qui mène à la Cité de Dieu, mon fils, alors, tu leur montreras le chemin. Pars ! "

Je vous parle d'El Djem en l'an 647.

Je suis Dehïa, fille de Tebtet, fils de Tifane des Jeraoua de l'Aurès. On m'appelle la Kahéna.

Mes guerriers et mes guerrières m'entourent dans cette forteresse romaine, je brandis haut ma bannière. Toutes les tribus berbères se sont ralliées sous mon étendard pour défendre notre terre envahie. Je les conduis vers la victoire.

Je jure sur les tombes de tous mes ancêtres, et au nom de tous les dieux que je vénère, que je repousserai ces Arabes incultes hors de notre territoire ou que je mourrai sous leur glaive !

Que nous apportent-ils, ces envahisseurs? Un Dieu Unique ! Mais nous l'avons déjà ! Juif ou chrétien, nous le reconnaissons, ce Dieu Incréé, nous l'adorons au même titre que les autres !

En fait, qu'est-ce qu'une statue sinon la représentation palpable d'une spiritualité trop évanescente pour être crue ? Ils brandissent bien leur livre sacré, ces étrangers, emblème de leur foi.

Je les réduirai à rien, ils me feront allégeance ou se sauveront comme des couards. La plaine résonne, coups de sabre, voix rocailleuses, hennissements, l'écho les arrache des parois calcaires et les disperse.

Aurès, hallucination bleutée, infini montagneux, immensité azurée. Ils veulent t'enlever à moi, ils veulent te conquérir, t'avilir, te changer! Je te couvrirai de mon corps, je te protègerai, terre féconde, terre berbère.

Mais j'entends des cris d'allégresse monter, mon fils galoper, la victoire est là ! Je vois Hassen Ibn Noomane fuir avec le reste de son armée vers le Sud.

Gloire à toutes les puissances qui m'ont guidées !, moi, Kahéna, reine des Aurès.

Je vous écris de Tunis, un jour de l'année 1240.

La folie pour la liberté ! Est-ce trop cher payer ?

On m'appelle la mahboula dans les rues de la ville, mon visage noir de suie fait peur aux bien-pensants, ils détournent leur regard en prenant Dieu à témoin ! Le connaissent-ils seulement ? Ils auraient voulu que je suive la voie qu'ils se sont plu à tracer aux femmes. Anonymes derrière des murs, silencieuses derrière des moucharabiehs, attentives à leur moindre désir.

Non, Saïda Manoubiya ne sera ni soumise ni dominée. Elle sera libre dans sa tête et dans ses actes.

Las, mon enfant, ne pleure pas, je vais te soigner avec mes herbes, mes breuvages et mes décoctions. Dieu !, que le regard des humbles embaume mon cœur, et s'il me restait une poussière de regret pour le monde que j'ai quitté, ce sourire panse toutes mes infortunes.

Je vous écris de la médina de Tunis en l'an 1640.

Aziza Othmana. Mon nom est grand certes, mais ma personne insignifiante ! Que restera-t-il de moi dans ce nom si ce n'est l'œuvre que j'aurais accomplie? Actes inertes qui traceront le chemin à mon immortalité.

Crée, réalise, exécute, procrée pour que l'Eternité te soit acquise.

Un orphelinat, un dispensaire. Argent, sers donc à quelque chose d'autre que de passer de main en main.

Voyageurs des nuits éternelles, des obscurités opaques, laissez la musique disperser les brouillards et planez avec elle dans son espace absolu.

Dans une oukala du souk, un orchestre jouera tous les après-midi devant vos regards absents.

Moi, Kamla, fille du gouverneur de la ville, je vous salue de Kairouan, ce matin de l'automne 1830.

Je vous salue de cette plaine immense, ocre, plate, nue, où les seules éminences sont les dos moelleux des moutons en troupeaux. Leur mouvance calme et onctueuse soulève un calcaire jaune et les bêtes auréolées traversent l'espace d'un horizon bleuté à l'autre, mais vers quel pâturage ? L'aridité agresse ma vue, la monotonie la désole.

Les teinturiers ont pilé leurs écorces, ont moulu leurs grains, ont malaxé leurs couleurs et mes écheveaux de laine ont pris les teintes des parterres de fleurs, mes doigts agiles nouent point par point les filaments, sur la trame les arabesques florales se détachent ! Encore un point, encore un nœud, une prairie riante s'étale sous mes yeux, je couvrirai la plaine d'un tapis de fleurs !

L'an 2004.

Je vous parle de Carthage avec cette voix infiniment pareille qui court à travers les siècles.

J'aimerais dire à celles qui ont librement choisi de voiler leur corps dans le seul but de préserver l'intégrité morale de quelques pervers au détriment de leur liberté d'être, à ces voilées donc, à ces inconscientes, à ces jeunes femmes ivres de pureté, à ces vieilles beautés encore si remplies d'espoir, prenez conscience de la gravité de votre geste.

Derrière ce voile, des siècles de femmes ont pleuré.

Une génération de femmes et d'hom- mes lutté a convaincu, a imposé un statut de la femme. Un dicton de ma campagne dit bien : neuf mois pour tous et le même chemin de sortie !

J'aimerais dire aux femmes de l'ombre, aux regards baissés, aux sanglots solitaires, aux errances dans les enceintes aveugles, aux voilées, aux illettrées, aux culpabilisées, à toutes celles que les coutumes ont avilies : " Allez ! "

source: http://zighcult.canalblog.com/
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MessageSujet: Re: Récits ..récréation   Dim 6 Juil - 12:29

Histoire oubliée d'Agadir par ITRINIT membre et moderateur:


FONTE
(par Ahmed Sabir, Université Ibn Zohr, Agadir)

Ce fut le premier nom que les Portugais donnèrent à l'actuel emplacement de la ville d'Agadir dès 1505. Et comme son nom l'indique en langue portugaise, il y avait à l'endroit en question une source d'eau douce, laquelle dicta au premier capitain portugais d'Agadir, João Lopes de Sequeira, l'idée de s'établir à cet emplacement précis. Rien de surprenant à cela si nous tenons compte de la rareté des points d'eau, et par la même le caractère hautement stratégique que revêtent de tels endroits pour tout projet politico-économique futur. Le texte du soldat portugais anonyme rapporté par Pierre de Cénival raconte à ce sujet que:
"João Lopes Girão, voyant que l'eau de la source était si bonne, s'installa auprès et y construit un chateau de bois qu'il apportait tout préparé; il y plaça de l'artillerie et, autour de ce chateau, il en bâtit aussitot un autre, très fort, de pierre et chaux, à l'intérieur duquel la source se trouvait enclose. Avec l'artillerie il empêchait les Maures de s'opposer à ses travaux".

Cet appellatif FONTE, qui n'est initialement autre que le nom commun de "fontaine (d'eau)" en langue portugaise, allait donc être officiellement adopté dans les archives portugaises comme toponyme désignant ce lieu précis. Des compléments de noms précisant ce même point géographique viendront sous peu s'y joindre tout en précisant le point géographique en question. C'est le cas de "Fonte dagoa de Narba" soit la "Fontaine d'eau de (souk) du Mercredi", par hallusion au souk hebdomadaire qui, comme il est de coutume au Maroc, se tenait là chaque Mercredi.

Le nom portugais initial, FONTE, au rôle apparemment éphémère, a su résister à la désuétude jusqu'à nos jours (2006, le quartier de FOUNTI), sauf que le quartier qu'il désigne, ayant été rasé par le seisme de Février 1960, a été transféré vers l'entrée sud de la ville d'Agadir.
(QIRAAT, Revue académique, n°4, printemps 2006)
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Récits ..récréation

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