 L'ELITE AMAZIGH
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mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:38 | |
| Tagnaoute ..un récit emouvant par les membres de Tafraoute.exprimetoi.net et Chleuhs.forumactif.biz
Mimouni :
Mille neuf cent cinquante Neuf, une année particulièrement pluvieuse et une frénésie s'empare des gens des gens du petit village d'Aday, dans la région de Tafraoute. Beaucoup de travail les attend dans les champs pour la récolte exceptionnelle de cette année, blé, orge et fruits, même le bétail paraissait s'épanouir. Chaque matin, dans le village, une activité soutenue est visible, des chèvres en grande quantité qui quittent les ruelles étroites d'Aday a destination des champs le plus souvent convoyées par des enfants en bas age, garçons et filles. L'école ne faisait pas encore partie du rituel quotidien. Des haies de cactus couvraient presque les maisons basses en pisé. Quelques vieillards d'aucune utilité dans les champs sont accroupis le long des murs comme pour surveiller l'endroit pendant l'absence de ses villageois absorbés par le ramassage des cultures. Une femme, répondant au nom de Tagnaoute,de corpulence assez forte, et de comportement assez anormale bouleverse le silence qui règne dans ce patelin chaque fois qu'elle traverse une rue pour se rendre accomplir la tache de ménagère itinérante. Ce silence est interrompu par les cris de méchants enfants impolis qui se lancent a sa poursuite WAWA WAWA WAWA !.. parlant difficilement et de manière instable , tagnaoute articulait des mots sans signification. Ce comportement d'enfants morveux reste cependant sans portée malsaine car il ne reflète pas un mouvement d'ensemble, beaucoup de ces momes refusent de s'associer a leur triste besogne. Tagnaoute, malgré son physique est très active, travaillant dans des conditions difficile et gagnait beaucoup d'argent qu'elle mette en réserve puisqu'elle mange en général dans les cuisines des maisons ou elle passe sa journée. Des années passent, les écoles ont ouvert leurs portes, beaucoup de jeunes ont émigrés vers l'Europe et le village commence a se moderniser .... Tagnaoute, toujours avec sa silhouette imposante mais en plus de sa défaillance physique originale, l'age commence a faire de l'effet sur son corps.
TAZZLA
Tagnaoute donc, avec l'age se sente trahi par ses moyens physiques, en plus de sa défaillance au niveau de ses oreilles (tagnaoute= celle qui n'entend pas) est maintenant victime d'autres insuffisances. Les hommes ne se tournent plus sur passage pour admirer la belle statue de son corps bien bâti, en plus, ces genoux et muscles commencent a trembler en proie au fléchissement de ses muscles. Une autre anomalie encore plus grave l'affecte, son acuité visuelle commence a faiblir, bilan désastreux pense-t-elle pour tagnaoute qui n'a d'autres ressources que son corps et ses bras ! Elle dresse mentalement la liste des gens qui peuvent lui porter secours mais le résultat est décourageant. Seule une femme au fond d'une ruelle paraissait lui être aimable et protectrice, c'est la seule maison ou Tagnaoute est habituée a manger et s'habiller sans contre partie, elle n'a pas besoin de travailler pour se régaler dans cette maison. Aussi, elle a pris cette femme pour une soeur sincère , celle que la nature ne lui a pas donné. Chaque fois que tagnaoute est en manque , elle se dirige sans penser vers sa soeur non génétique. La nourriture abonde et l'accueil est chaleureux .. ici elle peut goûter aux délices de la vie, l'huile d'argan et l'Amlou, concentré de noix d'amandes a l'huile, thé de bonne qualité et autres fruits exotiques . Il est temps pour tagnaoute d'avoir un local pour la contenir dans le cas de maladie imprévue, dans le passé elle se contentait d'errer de maison a maison. La complicité de sa pseudo soeur lui a permis de disposer d'une ancienne cuisine externe sorte d'anoual avec son kanoune qu'une voisine lui a cédé gratuitement. Tagnaoute se sente enfin a l'abri dans son nouveau refuge son kanoune et ses divers ustensiles et choses de la vie. Elle y en emménage divers coins pour arranger son patrimoine , ustensiles, timkilines, verres et autres .......
Aokas
Pour tagnaoute, rien n'est le même, sa santé s'affaiblit, son corps perd de beauté, et sa silhouette jadis dominante commence maintenant a pencher et se courber, et tamelhafte noire qu'elle portait semble plutôt perchée sur un séchoir et non couvrant un corps de femme. sa santé aussi ne lui permet plus de travailler comme de coutume et donc elle gagne moins , les gens ne lui font plus de cadeau, la vie a changé et les villageois sont devenus plus matérialistes. sa soeur par bonté a quitter ce monde malgré son jeune age, les gens qui sont bons disparaissent vite se disait Tagnaoute et dieu a voulu la laisser derrière elle , peut être Tagnaoute ne faisait pas partie de ces gens aimé par dieu et que ce dernier rappelle a ses cotés très tôt pour leur épargner les désarrois de la vieillesse et l'hérésie des jeunes. tagnaoute a bien essayé de renouer le contact avec la famille de sa soeur, mais hélas, la famille a perdu de sa bonté et sa générosité, la vie est devenue plus dure, la concurrence aussi a occuper les premières places de la pyramide, les familles ayant des émigrés en Occident semblent s'enrichir plus vite et de nouvelles maisons robustes et belles font leur apparition dans le village d'Aday. maintes fois, elle s'est rapproché de la famille de sa soeur , mais l'accueil est froid, les gens semblent plutôt occupé a se hisser dans la hiérarchie de la vie et les choses de complaisance sont reléguées au second rang, même le fils de sa soeur , jeune homme instruit , fonctionnaire et faisant un métier plutôt noble ne semble plus lui prêter aucune attention. tagnaoute se résigne enfin a s'immobiliser dans son anouale noirci par les restes de l'utilisation et de l'age, le manque soin aussi. tagnaoute faiblit de plus et chaque jour elle découvre une défaillance supplémentaire dans son corps, ses dents commence a la quitter une a une, suite au manque d'hygiène ou d'une maladie antérieure non traitée. La maladie s'installe, la misère s'installe alors que le village et ses occupants évoluent positivement, ce mode me vomit, ce monde m'a vomit et m'ignore se disait-elle? tagnaoute commence a compter les jours qui lui deviennent longue et implore le créateur de la rappeler a ses cotés, la soustraire de ce monde qui n'est plus le sien ....
CHAMA
Le flot des malheurs qui s'abattaient sur Lalla Tagnaoute ont fini de la transformer en vagabonde errante, un bâton lui sert de soutien et d aide, elle ignore le temps, et passait ses journées a errer de rue en rue et village en village ou dans les champs. Des gens lui offraient bien des morceaux de pain, mais la pauvre n'a plus les dents pour les mâcher. Le temps n'a plus de signification pour elle, les heures de sortie de son logement n'obéissent a aucun horaire de même que celles de son retour. Le bruit court dans le village que Lalla Tagnaoute a amassé une grosse fortune durant son travail de ménagère grâce aux dons et cadeaux, et peut être aussi que les hommes lui font d'autres cadeaux secrètement, Lalla Tagnaoute était belle et forte mais démunie.
il y a une suite |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:39 | |
| TASSOUSSIT
tagnaoute devenue aveugle , sourde et muette vagabonde au gré du hasard, elle lui arrive de passer devant la maison de sa soeur sans même sans rendre compte ou plutôt sachant que celle qui l'aimait n'est plus la et que le seul enfant qui la respectait a aussi quitter le village sous la pression des aléas de la vie, il est allé étudier ailleurs. tagnaoute a supporté l'insupportable, la dureté de la vie, la rejet et l'ignorance des gens, la négligence, erra a travers les champs et les douars , trébuchant et tombant dans des fossés ou des haies de figues de barbarie. Elle est devenu insensible a la douleur. Sa silhouette frêle et noire est maintenant devenue connaissable sur les artères et pistes locales ... une ombre qui bougent a peine un fantôme aux yeux des gens et des enfants,une créature abandonnée sans assistance faire face au péril qui la guette a chaque pas. maintes fois, elle s'est posée des questions sur le comportement des gens a son égard, mais vraiment les blâmer ou leur reprocher quoi que se soit ;.. tagnaoute est née pauvre, a vécu pauvre et simple, n'a fait qu'aider les femmes dans les difficultés quotidiennes ... le destin a voulu qu'elle souffre avant le repos éternel.
Les gens ne sont plus ce qu'ils étaient, des individus se sont rapprochés d'elle non pas pour l'aider et la soutenir ou réduire sa souffrance mais pour lui ravir le magot qu'ils pensent que Tagnaoute avait amassée et cachait en lieu sure ....
TOUFAYOUR
Un après-midi pas comme les autres;des nuages sombres assombrissent l'âme et étouffent le coeur,un silence de mort envahit la plaine,de temps à autre,un chacal solitaire hurle sa solitude et sa faim à la montagne fière qui lui rend son appel au secours plus vide et plus résonnant de douleur...Je suis assis à ma place ,celle que je choisis à la fin de l'après-midi pour attendre le coucher du soleil et savourer le crépuscule seul,loin du bruit des villageois qui ,à cette heure rentrent de la mosquée en parlant de la vie,de ses hauts et ses bas,de la pluie qui continue à bouder notre petit village,du spectre de la sécheresse qui nous menace,de la dureté de la vie et d'autres choses encore...je suis là,à ma place,attendant mon rendez-vous d'amour et de passion avec le déclin du soleil et la tombée de la nuit qui apaise les êtres et les choses et les invite au repos et au silence nocturnes....je suis là ...et voilà que je vois venir de nulle part,se dandinant tant bien que mal,appuyée à son bâton qui la guide à sa guise,qui l'a fait maintes fois tomber,la pauvre!..Je suis là et je n'ai aucun mal à la reconnaître même si cela fait longtemps,très longtemps que je ne l'ai plus revue et que j'ai failli oubliée. Non,je n'ai rien oublié: Elle est là,dans mon tréfonds,elle y séjourne en paix ,rieuse et joyeuse comme elle a été ,il y a longtemps,très longtemps quand elle venait rendre visite à ma mère , se reposer,prendre tout ce que maman lui offrait et partir sans mot dire ,le visage souriant,radieux ,exprimant mieux la reconnaissance et la gratitude que les mots! A quoi servent les mots?...Je suis là et je la regarde ,faisant un effort considérable de mémoire et toutes mes réminiscences deviennent clarté,deviennent lueur,deviennent jour! C'est elle:Tagnaoute!Elle s'approche de moi,me fixe du regard en voulant me demander quelque chose. Ses yeux profonds ,pleins de chagrin, de peine, de fatigue me font mal au coeur et je baisse les yeux,ne pouvant la regarder droit dans les yeux. Elle prononce des syllabes inintelligibles ,faisant un effort surhumain pour me demander quelque chose,pour communiquer. A quoi servent les mots? Elle finit par grommeler !"MMMA!MMMA!"...Je suis là,je la regarde et répète bêtement avec elle"MMMA!MMMA!",essayant de comprendre...et subitement je comprends! Je lui demande si elle demande des nouvelles de ma mère,elle fait signe de la tète que oui en souriant. Comment lui expliquer? que lui dire? A quoi servent les mots? Je lui fais signe que ma mère n'est pas là. Elle insiste en faisant des gestes de plus en plus violents. Je fais un signe de la main en direction du cimetière du village pour lui dire qu'elle est là-bas,ma mère! Elle me prend alors par la manche de ma "Foukia" ,me tire très fort voulant à tout prix que je la guide vers ma mère. Que faire? il n'y a rien à faire. Je veux lui expliquer que ma mère nous a quittés,qu'elle n'est plus là,qu'elle ne sera plus là mais comment expliquer cela à cette pauvre Tagnaoute? ...A quoi servent les mots?..Je la prends par le bras et prends le chemin du cimetière en prenant son allure de peur qu'elle ne tombe. Plus nous nous approchons du cimetière,plus elle a l'air de comprendre:je le sens,je le sais car elle me sert ,de plus en plus fort,la manche de la Foukia...Nous arrivons,nous entrons...Les tombes sommeillent en paix,un silence paisible règne en maître absolu sur les lieux,surtout à ce moment;le soleil est en train de se coucher,las de cette journée de canicule et voulant à tout prix aller se reposer!...Je l'emmène à la tombe de ma mère. Elle s'asseoit sur le bord de la tombe,tout près de l'endroit de la tète de la défunte et reste là,les yeux baissés...je reste debout,regardant cette femme qui pleure ma mère sans larmes...A quoi servent les mots?...
ADMIN
Plus rien n'a d'effet sur Tagnaoute et la visite de la cimetière est passée inaperçue .La torture physique permanente qu'elle supporte couvre les moments de plaisir ou de souvenir qu'elle traverse. tagnaoute n'est pas une femme a vivre en captivité et sa kitchenette est devenue une prison insupportable. Tagnaoute devenue le Koala d'Aday pour quelques uns et potiron pour d'autres,continue de fasciner quelques uns qui pensent qu'elle dore sur un trésor. Des chacals rodent car le gibier est facile, l'un deux a entamé une approche sans faille et propose a tagnaoute de lui venir en aide pour l'acquisition d'un nouveau dentier et des soins qui lui permettront de retrouver sa mécanique broyante. Hélas ce n'était qu'une manière assez simpliste de s'accaparer des sous de la malheureuse.
ADAY 22
tagnaoute victime de ce premier arnaqueur qui l'a privé d'une bonne partie de son épargne , puis un second qui est même père de famille et que l'appât du gain ne l'as pas empêcher de se comporter en escroc. Tagnaoute, femme sans plus l'être, créature sans nature apparente ni appartenance ou but. déshérité vivante par ceux qui sont sensées lui porter assistance. Devenue corps sans âme, sans force,tagnaoute erre en prix a la saleté , aux mouches, tellement son corps est faible qu'il ne peut plus générer d'enzyme pour se défendre ou activer ses muscles pour décourager les mouches qui profitent de ce reste humain vivant..... Un malheur ne vient presque jamais seul! et Tagnaoute sait que le temps approche , un jour son anoual est parti en fumée, destin ou provocation humaine mais personne ne s'intéressait plus a cette ombre mouvante . L'activité dans le village devient de plus en plus intense, la vie rentre dans frénésie sans précèdent, le cris des chèvres dimininuent et une étrange musique fait son apparition dans le patelin ... le cri des voitures. Tagnaoute n'ayant plus d'argent, d'anoual, de famille; mais uniquement une ta2oukkazte en bois décide de tourner le dos a ce monde d'Aday impitoyable ...
FAKIR
C'était une journée pas comme les précédentes, vent fort et poussière changeant de directions continuellement, tout laisse présager que le destin prépare un odieux crime dans cette région. Très tôt , Tagnaoute, n'ayant plus de anouale parti en fumée, ni épargne puisque subtilisé par des escrocs sensés l'assister, elle s'arme de son ta3oukazte et quitte le village sans vraiment savoir ou se rendre. Rien ne la lie plus a ce village ou , pourtant elle en a passé des moments de joie avec sa soeur défunte. Tantôt dans les champs, tantôt dans les cactus et parfois même sur une route qu'elle reconnaît a sa surface plane et rugueuse, tagnaoute, aveugle, sourde, muette et desemparée traîne ses pieds au hasard .. puis, tout a coup elle entendit un vrombissement et cahotement inhabituels, un frottement qui a fait vibrer ses nerfs sans raison ses cheveux se hérissait elle a senti un danger imminent, puis un choc terrible .. pendant quelques instants elle sentit une douleur atroce qui déchire son corps, elle n'arrive plus a situer sa tête de ses pieds ,puis elle perd connaissance ... Tagnaoute victime d'une voiture R4 , misérable engin qui faisait sensation en ce temps, le chauffeur se croyant chevalier n' a laissé aucune chance a Tagnaoute .. elle décéda immédiatement. Des coeurs généreux lui ont permis tout de même de retrouver une place a coté de sa soeur dans la cimetière d'Aday. Que dieu aie leurs âmes toutes les deux.
Zalhoud:
Je suis heureux que ma nouvelle vous ait inspiré l'idée de réécrire l'hstoire de Tagnaoute.Je remercie tout ceux qui ont participé Je vous souhaite et à ce site une bonne continuationAmitiés
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|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:40 | |
| Mohand le Rifain ..Récit de Mimouni
Toute ressemblence avec la réalité découle uniquement de le coincidence
Mémoire de Mohand le Rifain
Mohand l'enfant mal aimé du village a vu le jour vers 1937 au village de Ketama dans le Rif. Tout le prédestinait a un future sombre, assez deformé, de morphologie plus grande que la normale, complètement teigneux, pas un cheveux sur la tete , en plus son crane a l'aspect d'un terrain volcanique. Mohand est la risée des enfants du village, tout le monde se plaisait a lui donner des coups et a fini par s'y habituer a telle façon que c'est devenu une manière de le dorlotter. Vers 1947 Mohand devait avoir 10 ans a peu près, l'etat civil n'etait pas encore de rigueur dans la région. Sa seule ambition, l'unique est de s'approcher de la jeep du militaire colon qui administrait la région, klaxonner , puis prendre la fuite. Il est l'unique villageois qui peut se permettre un tel luxe, considéré comme un aliéné personne ne prete attention a son comportement. Un jour , l'administrateur colonial habitué a rendre visite au cheikh de la region dans le but de fortifier et honorer son règne, attrappe Mohand, il lui donne un chiffon et lui ordonne de depoussierer le véhicule. A partir de ce jour, la vie du teigneux a changé, il s'adonna a ce travail avec ardeur, centimètre par centi- mètre la jeep est nettoyée de telle façon que le proprietaire resta bouche bée.
a suivre |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:41 | |
| A partir de ce jour Mohand devint le nettoyeur officiel de la voiture du colon, l'enfant se trouve soudain enveloppé d'un prestige et d'un honneur qui lui confère le respect de ses semblables, il ne recevait plus de coup, et les gens s'inclinaient legèrement en le croisant par crainte qu'il ne les dénonce auprès du cheikh et son patron. Mohand a maintenant 13 ans, il devint un noble du village malgré son etat chétif et sa tenue qui se réduit a un rugueux vetement semblable a un sac avec deux manches.L'année suivante, l'administration a mis une voiture a la disposition du cheikh, mohand devint son conducteur, le permis n'etant pas du tout exigé durant cette période, le teigneux pourra maintenant user a volonté a son jeux preferé , klaxonner, son employeur s'en trouva emerveillé, façon d'aviser les ruraux de son passage, meme les vaches et les brebis maintenant pretent attention au passage du chef. Mohand malgré cette fonction qui ne lui rapporte aucun sous est serein et son future ne lui pose aucun problème. Quelques année ont passé, le colonisateur commence a plier bagage, et s'assure de la continuité de sa politique apres le depart en installant de nouveau venu formé par sa machine et proposé aux autorités du pays qui l'ont accepté faute de cadres plus nationaux. L'administarteur ne voulant pas abondonner Mohand par peur qu'il ne devint la risée des ruraux après avoir cottoyé les hautes instances dominantes, essaie de le placer quelque part, mais l'etat, la formation et la morphologie de ce rifain teigneux lui ferme toutes les issues. On demande a Mohand ce qu'il veut faire et il répondit, conduire, conduire et klaxonner, rien de plus, le capitaine lui procura un permis d'autocar et le plaça comme chauffeur dans une société nationale. A vingt ans, Mohand , et avec l'appui des ex-colon rstant influants dans la région malgré l'accès a la liberté et l'independance, a pu etre affecté a la ligne Casablanca - Oujda en passant par Ketama, il est ravi, maintenant a chaque fois qu'il traverse son douar, une frenesie s'empare de son contenu, animaux poules, humains et oiseaux sursautent par le bruit de l'avertisseur du car , tellement puissant. Quelques ont suffi au teigneux pour que des etrangers entrent en contact avec lui et l'informe qu'il dispose d'une mine dont il n'a qu' a tendre le bras et ramasser des sacs de billet de banques. Mohand, entreprit donc une longue marche vers la richesse, chaque voyage lui permet de transferer une dizaine de kilogrammes de kif vers les villes interieures. Le teigneux se metamorphosa, il sait maintenant compter et dispose d'une petite fortune. Une dizaine d'année sur cette ligne lui ont suffit pour devenir un petit empereur, de l'argent, des amis influents, des connaissances locales et etrangères, il se fait une autre personnalité, adopta une perruque, s'acheta des habits de luxe et demissionna de ce foutu travail de conducteur.
a suivre |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:41 | |
| suite ...
Mohand, mainteant libre et disposant de quelques millions reserve quelques jours a etudier la situation pour determiner la region de sa nouvelle résidence. Il n'a nullement l'attention de quitter sa region, et trois posibilités reviennent constamment brouiller sa pensée. Rester definitivement a Ketama, Oujda ou Taounat. Il passa en revue les possibilités de chaque région. Taounat parait ne pas répondre a ses attentes, et les gens de Taounat lui paraissait ne plus etre des Rifains, ils parlent l'arabe et ressemblent plutot a des pseudo-fassis, en fait, taounat a profité de sa proximmité de Fes, les riches fassis s'achetent a gros prix les lopins de Taounat dont les ruraux devinrent de simples fermiers serviteurs, leurs enfants ont pu integrer les ecoles par appui des gens de fes et ainsi ils se sont completement intégrés. Mohand, opta pour Oujda, mais la encore, trouva que les Oujdis ont complètement perdus leur identité de rifains, et de l'avis des pures , devinrent des Gal'aa'i soit des pseudo-rifains aussi. Il reste Ketama, ce village ne lui procure aucun bon souvenir, comment s'epanouir dans un lieu ou, il etait traité moins qu'un ane, et que les gens de sa generation profitent de toutes les occasions pour lui rappeler les coups du passé et 'etat de son crane. Il plia bagage et rejoint Tétouan, la capitlne citadine semi Marocaine, sem-espagnole par culture. Il s'y installa, et continu a picoter et fortifier sa fortune dans le domaine des drogues naturelles. Durant les années 70, le gouverneur de la région de Ketama lui proposa d'investir en lui assurant qu'il aura tous les appuis necessaires. Mohand se laise guider et obeit a la lettre au gouverneur et ses alliés. Il emprunta facilement quelques milliards sans meme savoir la procedure, la moitié de cet argent est detourné par ses guides contre son intronisation en parlement. Il edifia un hotel et quelques epiceries dans la région, et, en tant qu'elu et siegeant en haute instance, ses affaires ont connu un enrichissement fulgurant. Voial maintenant plusieurs decennies qu'il est conseiller, quoi que sa fonction est reduite a la presence dans ce prestigieux espace, parce que ne sachant ni lire ni ecrire. Cet espace lui permet de se reposer et meme dormir loin des routines et traitement d'affaires financières Mohand, honorable, conseiller du peuple, baron parmis les grands eu des enfants, des villas, des usines, le respect et l'honneur de tous.
a suivre |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:42 | |
| suite ..
Mohand se sentit vieux, la vie en confort et le deplacement en mercedès a assouplit ses muscles et donner plus de volume a son ventre. Les citoyens sont devenus plus informés et de plus en plus de gens refusent d'etre guidés ou soumis a des pressions pour lui octroyer leur vote. Le coup de pouces des hauts fonctionnaires est aussi devenu trop risqué et moins vigoureux. Il pensa donc a revitaliser sa personne auprès des citoyens qu'ils presentent et aqui il n'a jamais octoyé aucune attention ni assistance. Il opta pour une nouvelle stratégie, chaque semaine il parcourt les villages, saluant les gens et distribuant de l'aumone aux pauvres, engagea quelques maçons pour blanchir les murs de edifices d'Igorramnes, acheta et offra des médicaments par ci , par la. Pour couronner le tout, sachant les elections proches, obligea son fils a se marier, le but etant d'inviter le peuple a un festin grandiose dans le but d'avoir leur soutien. Il loua des espaces, des villas, des hotels, et, envoya des bus sillonner les douars et ramasser les campagnards qui pour la première vont se sentir importants, des centaines de vieillards et jeunes ont été convoyés sur Tetouan, nourris , logés et meme des orchestres populaires ont été mis a leur disposition, trosi jours de fete innoubliables, les autocars s'alignent pour rappatrier les gens vers leurs villages. Mohand a pris le soin de preparer un petit cadeau pour chaque individu. Des centaines de sac furent ainsi achetés et remplis de vetements et divers produits a petit prix, meme les bonbons y figurent, c'est dier que Mohand pense a s'assurer de sa reconduction et la reservation de ce poste a sa dynastie. Les Rifains furent honorés et a partir de maintenant Mohand est assuré de leur soutien. Le baron coulait de merveilleux journées entre ses villas de Tetouan et l'edifice des conseillers a Rabat, Ketama, elle, est toujours un village, le douar de Mohand. |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:43 | |
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Destin de femme
Auteur : Abdelmalek Mimouni Dieu créa au début un homme puis sa femme,ils eurent parait-il une fille et deux garçons. En grandissant, l’un des frères jetta sa dévolue sur sa sœur qui était sans doute pulpeuse, de toute façon il n’avait pas le choix,elle était femelle unique sur terre. Le fait de se partager la blondinette n’a pas été accepté. Vint alors le moment crucial de passer a l’assaut et s’accaparer le bijou ……… on assassina l’autre et on prend possession de la belle qui devint la mère de l’univers…………en ce moment le mot inceste n’existait pas encore. Actuellement,on reconnaît discrètement qu’ en fait nous sommes son fruit..que cela plaise ou non.En fait, mieux vaut être issu de l’inceste que du singe,aucun autre choix possible. Ainsi donc la femme a donc toujours était l’objet de domination,d’exploitation ou d’acquisition.Des siècles se sont succédés sans changement. Dans l’antiquité, le seigneur c'est-à dire l’homme le fort et intelligent poilu, en toute dignité et prestige pratiquait l’hospitalité sexuelle c'est-à-dire livre sa femme et ses filles a ses hotes. Au cinquième siècle avant Jesus, on instaure la prostitution profane et légale,soit aux alentours des sanctuaires religieux , les hommes peuvent prendre possession de ces corps frêles et sans défense pour un moment et ceci juste après la prière (une gratuité) puis les abandonner a leur sort. Après la délivrance,les progénitures sont abondonnées aux pirates et marchands qui les élèvent comme des poulets et les revendent a titre d’esclaves. Puis , notre docile moitié a vue son rang s’améliorer , elle devient par statue « objet du maître » qui a le droit absolu sur son corps et âme. De la , elle passa au grade de dictérions (maisons d’état ou sont exploitées les femmes au profit du régime et sa trésorerie ). Ces dictérions ont par la suite étaient divisées en trois:les dictériades les aulétrides et les hétaires. Mais le malheur de la femme a continué a se perpétuer.Ainsi, un jour on décréta ,que pour assouvir le besoin de monsieur en chair fraîche, il est nécessaire de diviser cette catégorie en deux, l’une dédiée administrativement et légalement,c’est l’épouse et l’autre sans statue sera sacrifiée pour les urineries passagères de monsieur. Enfin, on est devenu moderne,équitable, on passe aux choses sérieuses, on reconnaît et adopte les livres saints émanant de dieu et qui privent la femme de ses droits minimes. Le male lui, est plutôt bien servi et dispose dorénavant de moyen tout a fait légal de pouvoir manipuler, exploiter et se servir a outrance du corps de son autre ego. …………Il peut tester le bon fonctionnement de son outil en défrichant, démolissant, se delectant des divers composantes, inspectant les coutures plis et replis en tentant a chaque fois de se faire un nouveau record sur sa victime.celle-ci sans recours,ni résistance physique adéquate ne peut que constater et mémoriser le fabuleux et performant travail du male dominateur qui l’a contraint au jeu du plaisir personnel non partagé. Les romains ont aussi, bien avant les arabes profité de cet état de chose en créant les meretrix(maisons de femmes esclaves)dirigée par un leno (proxenète agrémenté),un fait dont atteste les fouilles récentes et anciennes a Pompéi et suivis par les gynécées et les harems où la femme devient une denrée que l’on peut stocker et user a volonté et ceci en fonction de sa bourse. L’armée du monde moderne a aussi organisé et financé les « camp followers » ou camps suiveurs, soit des milliers de femmes qui sont obligées de croupir a coté des militaires pour que le baroudeur puisse la monter entre deux batailles.L’église, et surtout en temps du pape Jules2 a autorisé et permit l’exploitation de la femme en instaurant les « public hotel » dirigé par un religieux qui collectent le fruit du travail de ses femmes pécheresses devenues bienfaitrices pour le moment et pour couronner le tout on imposa a notre moitié de porter un collier jaune pour montrer son appartenance et rang en société. Mais monsieur est insatisfait. ……………Pour conclure, on n’oubliera pas de citer le complex prostitutionnel allemand (des milliers de femmes) destinées a essorer les visiteurs et autres durant le déroulement de la coupe du monde.L’Afrique elle, a connu et continue a perdurer l’exploitation, la marginalisation,l’oppression patriarcale et le favoritisme de l’enfant male sur la femelle et continue a nos jours encore sectionner le sexe de la femelle pour qu’il ne soit qu’un trou passif, ailleurs, d’autres font porter a la femme une kechchaba ou bourka la couvrant totalement. Ma sœur, ma mère, ma fille……ce n’est pas encore demain que tu disposeras de tes droits ! ********************************** Nous sommes en 2006,le savoir est banalisé, la technologie a métamorphosé les esprits et les astres lointaines violées, et l’Africaine est toujours sous le soleil accablant,assoiffée, fatiguée,tu ramasses les crottes d’animaux sur les plaines pour cuire les repas de monsieur qui somnole a l’ombre tout en courtisant tes voisines et élaborant des plans pour accroître le nombre d’individus de son harem.Pas loin de là,tu es emprunté par un voisin ou proche pour remplacer l’âne le jour du souk hebdomadaire. ………Ailleurs, pieds nues tu parcours le Sahara, l’Himalaya,l’atlas,les Pyrénées a la recherche des besoins journaliers de ta famille. Au fin fond du monde moderne, des boulevards ont été attribués à tes semblables, là, elles seront exposées toutes nues , en vitrine éclairée, de jours comme de nuit afin que monsieur puisse choisir a l’œil l’article qui lui plait, jeune ou veille, blanche ou blonde, noir ou café au lait, catholique,musulmane,juive ou bouddhiste Le monde entier est représenté ici par filles interposées, en articles exposées derrière les vitrines a l’attente d’un consommateur scrutant le contenu et contenant…. …………Des millions de crimes ont été épargnés par par le fait que tu existes,du fait que toi seule est capable de dessécher les tuyaux de venin du male et donc éliminer cette puissance maléfique par décharge intégrale a partir d’un corps suant et puant vers ton havre de sérénité, de calme et de tranquillité seule apte a cette noble tache. Le male géniteur que dieu a doté de ce ridicule Et bizarre instrument, saugrenue et a géométrie variable qui ne trouve son calme qu’ a l’état d’étranglé ou suffoqué , respire enfin, tout son malheur est transmis a sa douce moitié……………… Toi ma sœur, malgré tout ce que tu as enduré, et le fait d’avoir généré la vie en enfantant pendant neuf mois, et malgré les douleurs surhumaines de l’accouchement , et plusieurs années pour mettre sur pied ce chef d’œuvre, l’homme, dès que tu disparais tes souvenirs subissent le même sort, pas même le droit de donner ton nom familiale a ta progéniture,c’est encore lui, dont l’acte n’a été qu’un court moment de plaisir qui aura ce privilège…Il y a aussi des choses que même les historiens ne reporteront jamais mais que la mémoire humaine retiendra pour l’éternité………Des énergumènes poilus a volonté, au regard horrible répugnants et suants a outrance circulant en 4x4 a verre tintée,en moyen Orient, croulant sous le chargement d’oisillons asiatiques destinés a la consommation,aspergés en intimité et en publique Va ma mère, ma sœur, ma fille, dieu t’a banalisé par humain interposé et pour ceux-là tu resteras toujours comme telle…..et on continu a créer des procédées pour une exploitation intégrale de ton corps, de ton âme et esprit…a outrance ……………………… ………………du striptease évolutif moderne on passe au cunnilingus (bouffer la femme),a la danse contact a la domination,au facial, au fantasme,au fétiche au fingering, au fisting, au golden shower, au out-call et in-call……………………la liste est longue et monsieur ne sera jamais satisfait…… ………Chez les muslims, tu portes le deuil après son décès, lui, il en est exempt. Je vois loin le jour de ton humanisation,sacrée femme, tu aurais pu être une déesse terrestre. |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:44 | |
| Destin de femme
Quand l'histoire d'une femme est aussi l'histoire d'un peuple. Margaret Mazzantini, de par les méandres de la vie d'Antenora, trace le lien entre un bataillon coloré d'ancêtres et l'Italie d'aujourd'hui.
A ntenora est vieille. Antenora est morte. Et avec elle, disparaît un monde, celui de la vieille Italie. Celle des pauvres grattant les cailloux pour manger, celle de l'épouse dans un milieu mené par l'homme, le mari, le père, celle du mirage fasciste et de la guerre, celle de la mère élevant ses fils pour les voir mourir. Margaret Mazzantini raconte tout cela, et plus encore. Amours déçues Envies perdues Sa sensibilité à fleur de texte l'amène à la description de ces petits riens qui vous raccrochent à la vie, à ces destins de femmes comme les autres qui sont ceux de sa famille, qui sont ceux de l'Italie toute entière. Comment raconter sans trahir ce livre palpitant de vie, d'amours déçues, d'envies perdues. L'arrière-grand-mère devint folle d'amour. Grand-mère a trois fils, dont elle a craint qu'ils ne meurent à la guerre et supplie la Madone de l'aider : « Tout était immobile. Dans le monde il n'y avait rien de plus sacré que cet entretien nocturne, volé au ciel. La mère terrestre à la douleur cruelle chassait la Mère céleste de sa paix décorative et la tirait vers elle, à genoux sur les cailloux ». Elle a aussi une petite-fille, qui la regarde, pauvre vieux papillon épinglé dans une vie romaine qui la dépasse et l'engloutit. « Merci, vilaine grand-mère, pour ton invitation à cette valse bancale dans laquelle tourne toute la famille : à chaque tour un nouveau visage (.) Tu profites de moi parce que tu sais que je ne crois pas au temps, que je considère comme une invention, un mensonge pour scander notre passage sur terre ». On doit déjà à Margaret Mazzantini un livre qui a été un succès international - Écoute-moi - récompensé en Italie du prestigieux Premio Strega 2002. Les éditions Robert-Laffont publient aujourd'hui Antenora, le premier roman de l'auteur. J. REMY Antenora, de Margaret Mazzantini, traduit de l'italien par Vincent Raynaud, éditions Robert-Laffont, collection Pavillons |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Sam 5 Juil - 22:45 | |
| Destins de femmes nord-africaines à travers l'histoire
Des Carthaginoises à la Kahéna... Saïda Mannoubyya... Aziza Othmana et aux contemporaines : Voix de femmes
Je vous parle de Carthage.
Qu'importe mon nom et qu'importent les 2.150 ans qui nous séparent !
Je passe à travers vous, particules indestructibles pénétrant matière et air d'une même indifférence. Errante prestigieuse et sereine, je traverse les jardins, les maisons, les espaces; les ruines de la Grande Carthage m'enchantent.
À toi ! Didon mon ancêtre, bâtisseuse de cette " ville nouvelle ", tu en es l'aurore, j'en suis la nuit tombée.
Je vous écris du temple d'Eshmoun, les flammes dévorent avec voracité les poutres de bois de cyprès et montent, rougeoyantes, pourlécher la charpente du temple. Je les vois arriver à moi de toutes parts, je serre mes fils, je presse leur tête contre ma poitrine, je ne veux pas voir leur regard affolé.
Astrubal, époux tendrement aimé, je te hais désormais depuis que l'être que j'ai érigé s'est détaché de toi. Tu es nu, là, déserteur, félon, tu t'es vendu à Rome.
Tu ne connaîtras jamais la mort si douce, le bien-être de l'éternité à travers les âges où ton corps dispersé en particules plane dans l'espace, infiniment mobile.
Tu auras agglutiné à ton nom la malédiction des Carthaginois. Tu les as trahis, deviens donc romain, mais sans âme et sans honneur.
Pourtant, Astrubal, ta traîtrise t'a immortalisé cependant que l'Histoire n'a conservé de mon immolation qu'un mouvement de stupeur et d'angoisse, abandonnant aux cendres mon nom de femme fidèle !
Peut-on, pour une ville, se jeter dans les flammes avec ses fils ?
Oui ! je l'ai fait pour que vive Carthage !
Je vous parle de Carthage.
En ce jour de printemps de l'an 203, l'amphithéâtre déborde de spectateurs venus se repaître de notre sacrifice.
Nous allons mourir pour Dieu. Nous allons mourir comme Jésus supplicié sur la croix. Tel est notre destin. Devenir martyres pour que la violence se mue en bonté et en magnanimité !
Le peuple s'agite, il veut du sang, il hurle ! Les festivités commencent, les fauves sont lâchés, Perpétue et moi descendons dans l'arène.
Ma maîtresse a accouché il y a tout juste vingt-trois jours, son enfant est à l'abri chez sa mère, son mari l'a abandonnée, lassé par ses idéaux mystiques. Je le comprends, mais moi je ne peux rien dire et je vais me faire dévorer par les lions, moi la servante Félicité. J'irai au paradis des Chrétiens, m'a dit ma maîtresse, mais la vie ici-bas me convient pleinement !
Elle est blême, elle se tient difficilement debout, la montée de lait laisse des auréoles mouillées sur son corsage, sa robe est tachée de sang, elle croise les mains et prie son Dieu de justice.
Elle m'a dit de ne pas m'inquiéter car elle m'associe à toute ses prières, mais je n'ai pas envie de mourir !
Je dois la suivre pourtant. Les gardes nous font signe d'avancer, je recule, ma maîtresse me pousse vers eux.
L'arène, pieuvre enveloppante, assourdissante, jette ses tentacules : yeux fous, bouches ouvertes, mains tendues, cheveux hirsutes, yeux, bouches... grondement, tonnerre....
Je veux fuir. Je ne le peux. Hypnotisée, on ne m'a pas enseigné la révolte !
Les fauves arrivent, souples, affamés, féroces, leurs pattes touchent à peine le sol tellement ils sont pressés de nous dévorer.
Le premier se jette sur ma maîtresse ; d'un coup de griffes, son bras est arraché, je hurle des sons qui ne s'entendent pas, les deux lions achèvent de la mettre en lambeaux, son sang gicle, une odeur poisseuse me soulève le cœur, ses lèvres ne cessent de bouger, mais que dit-elle pour ne rien sentir ? Quelle prière anesthésie ses sens ?
L'arène émet un long spasme d'angoisse pendant que les fauves se tournent vers moi! Dieu de Perpétue! Je ne veux pas de paradis, je ne veux pas souffrir!
Mon esprit discerne dans le tumulte une rumeur montante horrifiée : assez, assez!
Tout chavire...
L'an 384, je vous écris de Carthage.
Je viens d'arriver en carriole dans cette ville étrange. Un cousin lointain me donne le gîte dans sa maison du côté du port. La ville est immense, avec de grandes voies bien pavées qui partent du Levant et filent droit vers le Couchant.
Je cherche mon fils, Augustin. On m'a raconté des choses atroces sur sa vie ! Il passe ses nuits au théâtre, il fréquente les filles de mauvaise vie !
Je ne le laisserai pas s'abîmer dans la licence et le libertinage. J'ai vendu mes bijoux, ma tunique ne tient plus que par des anneaux de cuivre, ma ceinture est une tresse de chanvre. Qu'importe!, cet argent, il me le fallait pour payer le voyage d'Augustin à Rome. Il faut qu'il parte.
Mais où peut-il être ? Il fait nuit noire dans le port, l'obscurité m'effraye, la rue qui monte à droite est éclairée par des lanternes accrochées aux murs de pierre, j'entends une flûte.
" Augustin, pauvre fou, où donc t'es-tu perdu ?
- Dans le théâtre, mère, dans les décors, dans les passions, dans la volupté et l'amour, dans le geste et l'émoi.
- Augustin, mon fils, pars, rends-toi à Rome et sauve ainsi ton âme !
- Mère, aux créatures ivres d'éternité, cherchant l'instant fugace où elles pourront entrer dans la maison éternelle, que dirai-je ?
- À Rome, on t'apprendra la voie qui mène à la Cité de Dieu, mon fils, alors, tu leur montreras le chemin. Pars ! "
Je vous parle d'El Djem en l'an 647.
Je suis Dehïa, fille de Tebtet, fils de Tifane des Jeraoua de l'Aurès. On m'appelle la Kahéna.
Mes guerriers et mes guerrières m'entourent dans cette forteresse romaine, je brandis haut ma bannière. Toutes les tribus berbères se sont ralliées sous mon étendard pour défendre notre terre envahie. Je les conduis vers la victoire.
Je jure sur les tombes de tous mes ancêtres, et au nom de tous les dieux que je vénère, que je repousserai ces Arabes incultes hors de notre territoire ou que je mourrai sous leur glaive !
Que nous apportent-ils, ces envahisseurs? Un Dieu Unique ! Mais nous l'avons déjà ! Juif ou chrétien, nous le reconnaissons, ce Dieu Incréé, nous l'adorons au même titre que les autres !
En fait, qu'est-ce qu'une statue sinon la représentation palpable d'une spiritualité trop évanescente pour être crue ? Ils brandissent bien leur livre sacré, ces étrangers, emblème de leur foi.
Je les réduirai à rien, ils me feront allégeance ou se sauveront comme des couards. La plaine résonne, coups de sabre, voix rocailleuses, hennissements, l'écho les arrache des parois calcaires et les disperse.
Aurès, hallucination bleutée, infini montagneux, immensité azurée. Ils veulent t'enlever à moi, ils veulent te conquérir, t'avilir, te changer! Je te couvrirai de mon corps, je te protègerai, terre féconde, terre berbère.
Mais j'entends des cris d'allégresse monter, mon fils galoper, la victoire est là ! Je vois Hassen Ibn Noomane fuir avec le reste de son armée vers le Sud.
Gloire à toutes les puissances qui m'ont guidées !, moi, Kahéna, reine des Aurès.
Je vous écris de Tunis, un jour de l'année 1240.
La folie pour la liberté ! Est-ce trop cher payer ?
On m'appelle la mahboula dans les rues de la ville, mon visage noir de suie fait peur aux bien-pensants, ils détournent leur regard en prenant Dieu à témoin ! Le connaissent-ils seulement ? Ils auraient voulu que je suive la voie qu'ils se sont plu à tracer aux femmes. Anonymes derrière des murs, silencieuses derrière des moucharabiehs, attentives à leur moindre désir.
Non, Saïda Manoubiya ne sera ni soumise ni dominée. Elle sera libre dans sa tête et dans ses actes.
Las, mon enfant, ne pleure pas, je vais te soigner avec mes herbes, mes breuvages et mes décoctions. Dieu !, que le regard des humbles embaume mon cœur, et s'il me restait une poussière de regret pour le monde que j'ai quitté, ce sourire panse toutes mes infortunes.
Je vous écris de la médina de Tunis en l'an 1640.
Aziza Othmana. Mon nom est grand certes, mais ma personne insignifiante ! Que restera-t-il de moi dans ce nom si ce n'est l'œuvre que j'aurais accomplie? Actes inertes qui traceront le chemin à mon immortalité.
Crée, réalise, exécute, procrée pour que l'Eternité te soit acquise.
Un orphelinat, un dispensaire. Argent, sers donc à quelque chose d'autre que de passer de main en main.
Voyageurs des nuits éternelles, des obscurités opaques, laissez la musique disperser les brouillards et planez avec elle dans son espace absolu.
Dans une oukala du souk, un orchestre jouera tous les après-midi devant vos regards absents.
Moi, Kamla, fille du gouverneur de la ville, je vous salue de Kairouan, ce matin de l'automne 1830.
Je vous salue de cette plaine immense, ocre, plate, nue, où les seules éminences sont les dos moelleux des moutons en troupeaux. Leur mouvance calme et onctueuse soulève un calcaire jaune et les bêtes auréolées traversent l'espace d'un horizon bleuté à l'autre, mais vers quel pâturage ? L'aridité agresse ma vue, la monotonie la désole.
Les teinturiers ont pilé leurs écorces, ont moulu leurs grains, ont malaxé leurs couleurs et mes écheveaux de laine ont pris les teintes des parterres de fleurs, mes doigts agiles nouent point par point les filaments, sur la trame les arabesques florales se détachent ! Encore un point, encore un nœud, une prairie riante s'étale sous mes yeux, je couvrirai la plaine d'un tapis de fleurs !
L'an 2004.
Je vous parle de Carthage avec cette voix infiniment pareille qui court à travers les siècles.
J'aimerais dire à celles qui ont librement choisi de voiler leur corps dans le seul but de préserver l'intégrité morale de quelques pervers au détriment de leur liberté d'être, à ces voilées donc, à ces inconscientes, à ces jeunes femmes ivres de pureté, à ces vieilles beautés encore si remplies d'espoir, prenez conscience de la gravité de votre geste.
Derrière ce voile, des siècles de femmes ont pleuré.
Une génération de femmes et d'hom- mes lutté a convaincu, a imposé un statut de la femme. Un dicton de ma campagne dit bien : neuf mois pour tous et le même chemin de sortie !
J'aimerais dire aux femmes de l'ombre, aux regards baissés, aux sanglots solitaires, aux errances dans les enceintes aveugles, aux voilées, aux illettrées, aux culpabilisées, à toutes celles que les coutumes ont avilies : " Allez ! "
source: http://zighcult.canalblog.com/ |
|  | | mimouni master


  Age : 86 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 1173
| Sujet: Re: Récits ..récréation Dim 6 Juil - 12:29 | |
| Histoire oubliée d'Agadir par ITRINIT membre et moderateur:
FONTE (par Ahmed Sabir, Université Ibn Zohr, Agadir)
Ce fut le premier nom que les Portugais donnèrent à l'actuel emplacement de la ville d'Agadir dès 1505. Et comme son nom l'indique en langue portugaise, il y avait à l'endroit en question une source d'eau douce, laquelle dicta au premier capitain portugais d'Agadir, João Lopes de Sequeira, l'idée de s'établir à cet emplacement précis. Rien de surprenant à cela si nous tenons compte de la rareté des points d'eau, et par la même le caractère hautement stratégique que revêtent de tels endroits pour tout projet politico-économique futur. Le texte du soldat portugais anonyme rapporté par Pierre de Cénival raconte à ce sujet que: "João Lopes Girão, voyant que l'eau de la source était si bonne, s'installa auprès et y construit un chateau de bois qu'il apportait tout préparé; il y plaça de l'artillerie et, autour de ce chateau, il en bâtit aussitot un autre, très fort, de pierre et chaux, à l'intérieur duquel la source se trouvait enclose. Avec l'artillerie il empêchait les Maures de s'opposer à ses travaux".
Cet appellatif FONTE, qui n'est initialement autre que le nom commun de "fontaine (d'eau)" en langue portugaise, allait donc être officiellement adopté dans les archives portugaises comme toponyme désignant ce lieu précis. Des compléments de noms précisant ce même point géographique viendront sous peu s'y joindre tout en précisant le point géographique en question. C'est le cas de "Fonte dagoa de Narba" soit la "Fontaine d'eau de (souk) du Mercredi", par hallusion au souk hebdomadaire qui, comme il est de coutume au Maroc, se tenait là chaque Mercredi.
Le nom portugais initial, FONTE, au rôle apparemment éphémère, a su résister à la désuétude jusqu'à nos jours (2006, le quartier de FOUNTI), sauf que le quartier qu'il désigne, ayant été rasé par le seisme de Février 1960, a été transféré vers l'entrée sud de la ville d'Agadir. (QIRAAT, Revue académique, n°4, printemps 2006) |
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